Brain+AI

Automatisation et bots 9 min

Licence de n8n : ce que permet la Sustainable Use License

La licence de n8n, la Sustainable Use License, rend le code public sans être une licence open source au sens strict. Elle autorise l'usage et la modification pour vos besoins internes, et une agence peut construire et maintenir vos workflows. Elle interdit de vendre n8n comme un service où vos clients construisent leurs propres workflows.

On présente souvent n8n comme un outil open source. La licence de n8n dit autre chose : le code est public et vous pouvez l’installer sur votre serveur sans payer de licence, mais son texte limite l’usage commercial. Dans le dépôt officiel de n8n, l’éditeur parle de « fair-code », pas d’open source, et distribue n8n sous deux licences : la Sustainable Use License et la licence n8n Enterprise.

Pour une PME qui automatise ses propres processus, cette nuance ne change presque rien. Elle compte pour qui veut bâtir un produit sur n8n, et pour qui confie ses automatisations à un prestataire : savoir qui a la main sur les workflows décide de ce qui est permis. Le choix de l’outil et la mise en production sont traités dans les autres guides de notre rubrique automatisation.

Ce qui suit est une lecture de décideur, à partir du texte de la licence et de la FAQ que l’éditeur publie. Ce n’est pas un avis juridique : pour un projet commercial qui dépend de n8n, faites valider votre cas par l’éditeur ou par un juriste.

En bref

  • En auto-hébergement, la licence de n8n autorise tout usage interne, modification du code comprise, sans frais de licence.
  • Un prestataire peut construire, faire tourner et maintenir vos workflows, chez vous ou chez lui, tant que vous recevez des résultats et non un accès à son instance.
  • La licence interdit de laisser des personnes extérieures construire leurs propres workflows, de revendre n8n en marque blanche ou d’en tirer un produit d’automatisation.
  • L’édition Community n’inclut ni le SSO ni le partage des workflows : ces fonctions demandent un plan payant.
  • En cas de doute, l’éditeur répond lui-même aux questions de licence.

Que dit le texte de la licence de n8n ?

La clause qui compte tient en deux phrases. Dans le texte de la licence, section « Limitations », elle dit en substance : vous ne pouvez utiliser ou modifier le logiciel que pour vos propres besoins internes, ou pour un usage personnel ou non commercial ; vous ne pouvez le distribuer ou le fournir à d’autres que sans rien leur facturer, et à des fins non commerciales.

Le même fichier ajoute trois points utiles :

  • les fichiers dont le nom ou le dossier contient « .ee » (pour Enterprise Edition) sont exclus de la Sustainable Use License et demandent une licence Enterprise valide ;
  • les mentions de licence et de droits d’auteur ne doivent être ni retirées ni masquées ;
  • qui remet une copie du logiciel doit y joindre le texte de la licence, et signaler clairement ses modifications s’il en a fait.

Tout repose sur l’expression « besoins internes ». La FAQ de la licence publiée par n8n la précise : il s’agit de l’usage de n8n dans votre organisation ou dans votre produit, des personnes extérieures pouvant recevoir ou voir ce que vos workflows produisent. Elle résume le cas le plus courant en une phrase : si les workflows ne sont créés ou modifiés que par vous ou par des personnes de votre organisation, vous pouvez utiliser n8n sous la licence Community sans payer. Cette licence ne vaut que pour la version auto-hébergée : n8n Cloud est un abonnement payant, avec ses propres conditions.

Que pouvez-vous faire avec n8n sous cette licence ?

D’après la FAQ de l’éditeur, la licence permet notamment de :

  • faire tourner votre entreprise avec n8n, et l’utiliser pour des projets personnels, l’apprentissage ou la recherche ;
  • faire tourner plusieurs instances ;
  • faire payer à vos clients la création, la mise en place et la maintenance de workflows, ainsi que la formation et le conseil ;
  • construire des automatisations pour vos clients sur votre instance, tant qu’ils ne peuvent ni les créer ni les modifier ;
  • utiliser n8n en coulisse dans votre propre produit : vos utilisateurs déclenchent les automatisations que vous avez construites, et peuvent même y connecter leurs propres comptes.

Qu’est-ce que la licence interdit ?

La même FAQ liste ce qui sort du cadre :

  • héberger n8n comme un service et laisser vos clients y construire leurs workflows ;
  • permettre à des utilisateurs extérieurs de construire ou de configurer leurs propres workflows depuis votre produit, que ce soit par une interface maison, l’API de n8n, MCP ou un agent d’IA qui agit pour eux ;
  • partir du code de n8n pour lancer votre propre produit d’automatisation ;
  • proposer n8n en marque blanche, en retirant sa marque ;
  • utiliser sans licence Enterprise les fonctions qui demandent une clé de licence.

Le critère qui tranche n’est ni l’interface ni le propriétaire des identifiants : c’est qui contrôle la logique des workflows. Une application qui envoie en coulisse un ticket à n8n pour lui attribuer une priorité, l’utilisateur ne voyant que le résultat, reste dans le cadre. Une plateforme qui permet à ses clients de bâtir leurs propres automatisations en sort, même derrière une interface maison qui cache n8n. L’éditeur pose la question ainsi : n8n est-il ce que vous vendez, ou un outil au service d’autre chose que vous vendez ?

Un prestataire peut-il construire et exploiter vos workflows ?

Oui, et la FAQ de n8n le dit explicitement : le conseil et les services d’automatisation sont permis, à condition que n8n reste l’outil interne du prestataire, ses clients recevant des résultats, pas un accès. Deux montages sont prévus :

  1. n8n tourne sur l’instance du prestataire. Il y construit, fait tourner et maintient vos workflows, et vous recevez ce qu’ils produisent : messages, données synchronisées, réponses. Vous n’avez accès ni à l’éditeur ni à la logique des workflows.
  2. n8n tourne sur votre serveur. Le prestataire peut l’installer, le configurer, y construire et y maintenir vos workflows, et facturer ce travail, à condition de ne pas assurer en plus l’hébergement de n8n pour vous.

Ce que cela change pour vous : si votre équipe doit pouvoir un jour modifier elle-même les workflows, n8n doit tourner sur votre serveur. Sur l’instance d’un prestataire, la licence ne vous laisse que les résultats. Posez donc la question dès le départ : où tourne n8n, et qui aura la main sur l’éditeur ?

Que contient l’édition Community, et que lui manque-t-il ?

La seconde surprise vient des fonctions. La comparaison des éditions publiée par n8n indique que l’édition Community, celle qui tourne sans clé de licence, contient presque toutes les fonctions de n8n, sauf notamment :

  • l’authentification unique (SSO par SAML ou LDAP) ;
  • le partage des workflows et des identifiants : seuls le propriétaire de l’instance et leur créateur y accèdent ;
  • les projets, les variables personnalisées et les secrets externes ;
  • les environnements et le versionnage par Git ;
  • l’envoi des journaux vers un outil externe.

En enregistrant son instance avec une adresse email, on obtient sans frais l’édition « Registered Community », qui ajoute les dossiers, le débogage avec les données d’une exécution passée et des données d’exécution personnalisées. Le reste demande un plan Business ou Enterprise.

Ce que ça change pour une PME : tant qu’une ou deux personnes conçoivent les workflows, l’édition Community suffit largement. Quand plusieurs personnes doivent partager des workflows, que votre informatique exige le SSO, ou que vous voulez séparer un environnement de test de la production, il faut regarder les plans payants de l’éditeur. Mieux vaut le savoir avant de bâtir trente workflows qu’après.

Faut-il s’inquiéter d’une licence qui n’est pas open source ?

Une licence qui n’est pas open source pose une question légitime : que se passe-t-il si l’éditeur change les règles ? Deux éléments relativisent le risque.

D’abord, vos workflows ne sont pas enfermés : n8n les enregistre au format JSON, et sa documentation sur l’export et l’import décrit comment les télécharger en fichiers. Ensuite, la logique métier (quelles données vont où, avec quelles règles) reste transposable dans un autre outil, à condition d’avoir été documentée. C’est une bonne raison de ne jamais accepter un workflow livré sans sa documentation.

Limite honnête : transposer cinquante workflows dans un autre outil reste un vrai chantier. La réversibilité existe, mais elle a un coût. Si l’indépendance vis-à-vis de l’éditeur est un critère décisif pour vous, pesez-le au moment du choix, en comparant avec les alternatives de notre comparatif de n8n, Make et Zapier pour une PME.

Comment rester dans les clous ?

Trois vérifications suffisent dans la plupart des cas : qui crée et modifie les workflows, votre organisation ou des personnes extérieures ; où tourne n8n, chez vous ou chez un prestataire ; et si n8n est ce que vous vendez, ou seulement un outil derrière ce que vous vendez. Au moindre doute sur un produit commercial, interrogez l’éditeur avant le lancement.

De notre côté, nous opérons des workflows n8n en production, sur notre serveur, pour nos clients. n8n est notre choix par défaut, pas une exclusivité. Notre offre pour supprimer une tâche manuelle avec n8n, sur votre serveur ou le nôtre facture la conception de chaque processus et, en option, sa supervision. Ce que recouvre cette supervision est détaillé dans notre guide pour superviser ses workflows n8n.

Questions fréquentes

n8n est-il open source ?

Pas au sens strict. Son code est public, et vous pouvez le lire, l’installer et le modifier, mais la Sustainable Use License limite l’usage commercial : on ne peut ni revendre n8n, ni laisser des personnes extérieures y construire leurs propres workflows. L’éditeur emploie d’ailleurs le terme « fair-code », et non celui d’open source, pour décrire sa licence.

Peut-on utiliser n8n sans payer de licence ?

Oui, en auto-hébergement : la licence Community ne vaut que pour la version auto-hébergée, et elle ne coûte rien tant que les workflows sont créés ou modifiés par des personnes de votre organisation. Le coût réel est ailleurs : le serveur, les sauvegardes, les mises à jour et le temps de la personne qui surveille. n8n Cloud, lui, est un abonnement payant, avec ses propres conditions.

Peut-on utiliser n8n dans un logiciel qu’on vend ?

Oui, en coulisse : vos utilisateurs peuvent déclencher les automatisations que vous avez construites et y connecter leurs propres comptes, sans accéder à l’éditeur ni modifier la logique. Si votre produit leur permet de construire leurs propres workflows, même derrière une interface maison, il faut une licence commerciale. Les cas intermédiaires, comme livrer n8n installé chez vos clients, se valident avec l’éditeur avant le lancement.

Le SSO est-il inclus dans l’édition Community ?

Non. D’après la comparaison des éditions publiée par n8n, l’authentification unique par SAML ou LDAP est réservée aux plans Business et Enterprise en auto-hébergement, comme les environnements, les projets et le partage des workflows. Si votre informatique l’exige, intégrez ce coût dès le choix de l’outil, plutôt que de le découvrir au moment d’ouvrir l’accès à d’autres équipes.

Qui contacter en cas de doute ?

L’éditeur lui-même. La FAQ de la licence donne deux adresses : [email protected] pour les questions d’interprétation, [email protected] pour discuter d’une licence commerciale. Décrivez votre architecture : qui construit les workflows, où tourne n8n, ce que voient vos utilisateurs. Une réponse écrite de l’éditeur vaut mieux que votre lecture ou la nôtre, surtout pour un produit que vous allez commercialiser.

Jim · fondateur de Brain Plus AI

À lire aussi en automatisation et bots

  • Choisir et chiffrer

    n8n, Make ou Zapier : lequel choisir pour une PME ?

    Les trois outils relient vos applications sans développement lourd, mais ils ne facturent pas la même chose et ne vous laissent pas la même liberté. Ce comparatif pour décideur regarde l'unité de facturation, l'hébergement, la licence et qui maintient le jour où ça casse.

    8min
  • Guide pratique

    Superviser ses workflows n8n : aucune panne silencieuse

    Une automatisation qui échoue sans prévenir est pire qu'une tâche manuelle : personne ne sait que le travail n'a pas été fait. Voici le dispositif minimal qui transforme une panne silencieuse en alerte, puis en reprise, avec les outils que n8n fournit déjà.

    10min
  • Guide pratique

    Automatiser un logiciel sans API : six portes d'entrée

    Votre logiciel métier n'a pas d'API, ou la réserve à une offre plus chère ? Il reste en général une porte pour l'automatiser : voici les six, de la plus solide à la plus fragile, avec ce que chacune coûte en maintenance.

    7min
WhatsApp