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Dans une fiduciaire, tout le monde connaît le logiciel comptable. Il tient les écritures, la TVA, les clôtures, parfois la paie. Ce qu’il tient mal, c’est tout ce qui se passe avant et autour : le prospect qui a appelé lundi, le mandat qui arrive à échéance en mars, le client qui aurait besoin d’un conseil en succession et à qui personne ne l’a proposé.
Cette relation client vit aujourd’hui dans des boîtes mail, un tableur et la mémoire des associés. Trois familles d’outils prétendent la remettre en ordre. Elles ne conviennent pas aux mêmes cabinets.
Notre point de vue : nous faisons tourner Twenty, un CRM libre, en production, et nous installons aussi Odoo. Nous n’avons pas d’intérêt à pousser l’un plutôt que l’autre, et pour une partie des cabinets, la bonne réponse n’est ni l’un ni l’autre.
En bref
Le logiciel comptable reste en place dans les trois cas : aucun de ces outils ne le remplace pour la production.
Une suite métier (TaxDome, Karbon et leurs équivalents) convient bien aux petits cabinets : CRM, portail, temps et facturation d’un bloc.
Twenty convient aux cabinets de 20 à 200 personnes qui veulent une vraie vue commerciale, reliée à leur compta, avec des données hébergées où ils le décident.
Odoo convient au cabinet qui veut gérer temps passé, honoraires, projets et relation client dans un seul outil.
Qu’est-ce qu’une fiduciaire attend d’un CRM ?
Pas la même chose qu’une équipe commerciale. Une fiduciaire vend peu de nouveaux contrats par mois, mais chaque client reste des années. Le CRM sert donc moins à « faire du pipe » qu’à tenir le portefeuille :
- les prospects et leur origine (recommandation d’un client, banque, notaire, site) ;
- les mandats signés, leur périmètre, leur date de renouvellement et leurs honoraires ;
- les entités d’un même client (holding, société d’exploitation, SCI ou équivalent, le dirigeant lui-même) ;
- les échéances qui déclenchent une relance : pièces à demander, mise à jour du dossier d’identification du client ;
- les missions additionnelles possibles : conseil fiscal, création de société, domiciliation, paie.
Ce dernier point est souvent celui qui paie l’outil. Un cabinet qui voit enfin ses clients par besoin, et non par numéro de dossier, propose davantage, sans démarchage.
Les suites métier : tout d’un bloc, pour les petits cabinets
TaxDome, Karbon et leurs équivalents sont conçus pour les cabinets comptables. Ils réunissent la fiche client, un portail où le client dépose ses pièces et signe, le suivi des tâches, le temps passé et la facturation des honoraires.
Pour un cabinet de quelques personnes, c’est souvent le meilleur choix : un abonnement, une mise en route rapide, peu de paramétrage. Leurs limites apparaissent avec la taille : un modèle de données qu’on adapte peu, des données hébergées chez l’éditeur, souvent hors de Suisse ou de l’Union européenne, et un prix par utilisateur qui monte avec l’équipe.
Twenty : la relation client à côté du logiciel comptable
Twenty est un CRM libre. On y crée ses propres objets (mandat, entité, échéance, dossier d’identification) et ses propres règles de relance. Il peut tourner sur un serveur que le cabinet choisit, en Suisse ou dans l’Union européenne, ce qui pèse lourd quand on tient les comptes de ses clients.
Ce qu’il ne fait pas : le temps passé, la facturation, le portail client, la gestion documentaire. Il ne prétend pas les faire. Sa place est à côté du logiciel comptable, relié à lui par une automatisation qui recopie les clients, les mandats et les montants facturés. Sans cette liaison, le cabinet saisit deux fois, et l’outil meurt en trois mois.
C’est le bon choix pour un cabinet de taille moyenne qui a déjà ses outils de production et qui veut ajouter, sans tout changer, une vue claire de son portefeuille et de ses opportunités.
Odoo : le cabinet entier dans un seul outil
Odoo est un ERP. Son CRM est correct, mais sa vraie force pour une fiduciaire est ailleurs : feuilles de temps, projets par mandat, facturation au temps passé ou au forfait, portail client, signature électronique. Tout se tient dans la même base.
C’est le bon choix pour un cabinet qui veut piloter sa propre activité dans un seul outil, et qui accepte un projet plus lourd. La production comptable des clients reste souvent dans le logiciel spécialisé ; Odoo gère alors le cabinet, pas les dossiers de ses clients. En Belgique, où Odoo est très répandu, beaucoup de fiduciaires le connaissent déjà, et certaines le revendent à leurs clients.
Comment choisir en trois questions ?
- Combien êtes-vous ? Moins de dix personnes : commencez par regarder une suite métier. Au-delà, le paramétrage et l’hébergement deviennent des sujets.
- Voulez-vous changer votre gestion du temps et votre facturation ? Non : un CRM comme Twenty à côté de l’existant. Oui : Odoo.
- Où doivent vivre les données de vos clients ? Si la réponse est « en Suisse » ou « chez nous », éliminez les outils qui ne le permettent pas.
Questions fréquentes
Un CRM peut-il remplacer mon logiciel comptable ?
Non. Ni Twenty, ni le CRM d’Odoo ne tiennent la comptabilité de vos clients. Ils tiennent la relation avec eux.
Twenty est-il adapté aux petits cabinets ?
Il fonctionne, mais un petit cabinet profite rarement de sa souplesse, et doit quand même s’occuper de l’hébergement. Une suite métier est souvent plus simple.
Peut-on commencer par Twenty et passer à Odoo ensuite ?
Oui. Les données d’un CRM libre s’exportent sans frais. Commencer par la relation client puis étendre le périmètre est un chemin courant.
Jim · fondateur de Brain Plus AI
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