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Un devis envoyé, pas de réponse, et trois semaines plus tard le client a signé ailleurs. Personne n’a fait d’erreur : le commercial avait vingt autres dossiers, et la relance n’était écrite nulle part. À l’inverse, tout le monde a reçu ces séquences automatiques qui relancent au jour près, avec le même texte et un prénom collé en tête : elles se voient, et elles se lisent comme ce qu’elles sont.
Ce guide de notre rubrique CRM et données clients montre comment tenir les deux bouts : ne plus oublier une relance, sans qu’aucune ne sonne comme un robot. Le principe tient en une phrase : la machine se souvient et prépare, le commercial écrit et envoie.
En bref
Une relance oubliée et une relance robotique coûtent toutes les deux : l’automatisation sert à éviter la première sans produire la seconde.
La machine repère le moment, rassemble le contexte et prépare un brouillon ; le commercial relit, ajuste et envoie.
La séquence s’arrête dès que le client répond, ce qui suppose que le CRM voie les réponses.
Une relance sait ce qui se passe ailleurs : facture impayée, ticket ouvert, rendez-vous déjà pris.
Les règles d’envoi comptent aussi : droit d’opposition en prospection, seuils de plainte des messageries.
Ce qu’on automatise, ce qu’on laisse au commercial
Une relance réussie demande deux choses de nature différente : de la mémoire et du jugement. La mémoire s’automatise très bien, le jugement beaucoup moins.
Ce que la machine fait mieux
Se souvenir de la date de chaque relance, pour chaque affaire
Repérer le devis sans réponse ou l’affaire qui n’a pas bougé
Rassembler le contexte : dernier échange, étape, montant
S’arrêter quand le client répond
Ce que le commercial fait mieux
Choisir le ton, selon ce qu’il sait du client
Ajouter ce qu’aucun champ ne contient : une remarque entendue au téléphone
Décider d’appeler plutôt que d’écrire
Savoir quand ne plus relancer
Le commercial reste celui qui entretient la relation ; l’automatisation lui retire la partie qui ne demande aucun talent, se rappeler de le faire.
Le brouillon plutôt que l’envoi automatique
La façon la plus simple de garder le ton humain est de ne pas envoyer à la place du commercial. Le CRM prépare un brouillon dans sa boîte, il le relit, change une phrase, et l’envoie de son adresse.
Twenty le fait sans développement. Selon la documentation de ses workflows, une action « Draft Email » enregistre le message dans le dossier des brouillons de la boîte connectée, pour une relecture et un envoi manuels, au lieu de partir automatiquement ; une action « Delay » fait attendre le workflow avant l’étape suivante. Nous faisons tourner Twenty en production depuis début 2025 ; d’autres outils, Dolibarr, Odoo ou un orchestrateur comme n8n, permettent la même logique par d’autres chemins.
Une relance préparée par le CRM, envoyée par le commercial
- Le déclencheur
Un devis envoyé reste sans réponse au-delà du délai fixé.
- Le contexte
Le CRM rassemble le dernier échange, l’étape et le montant.
- Le brouillon
Un message prêt arrive dans la boîte du commercial.
- L’envoi
Le commercial relit, ajuste et envoie, ou décide d’appeler.
Un modèle de langage peut rédiger ce brouillon à partir du contexte, quel que soit le fournisseur choisi : c’est utile quand les dossiers sont nombreux et variés. La règle ne change pas : le texte reste un brouillon, et c’est le commercial qui signe. Souvent, un modèle de message par étape, avec deux ou trois champs remplis par le CRM, suffit, sans aucune IA : notre article sur l’automatisation sans IA explique quand une règle simple fait mieux.
Les règles qui gardent le ton humain
- Arrêter à la première réponse. C’est la règle qui distingue un suivi d’un harcèlement. Elle suppose que le CRM voie les réponses : sans synchronisation des e-mails avec le CRM, la séquence ignore que le client a répondu hier.
- Fixer un nombre de relances à l’avance, par type d’affaire, et une fin claire : la dernière relance dit qu’on n’insistera plus.
- Écrire depuis la vraie adresse du commercial, avec sa signature, et une réponse qui revient chez lui.
- Un texte par étape, pas un texte pour tous : on ne relance pas un premier contact comme un devis à deux jours de la signature.
- Laisser le commercial couper une séquence d’un geste, quand il sent que le moment est mal choisi.
Une relance qui sait ce qui se passe ailleurs
La relance la plus maladroite n’est pas la plus insistante : c’est celle qui propose une extension de contrat à un client dont la dernière facture est impayée, ou dont le ticket au support est ouvert depuis dix jours. Le commercial n’y est pour rien ; il ne voyait pas ces informations.
D’où l’intérêt de faire lire à la relance ce que savent la facturation et le support, avant de préparer le moindre brouillon : un ticket ouvert suspend la séquence, une facture en retard la remplace par un appel. Notre article sur la fiche client unique détaille comment réunir ces informations. Et une relance n’est juste que si les données le sont : un contact en double reçoit deux relances, un mauvais interlocuteur reçoit celle de son collègue, d’où l’intérêt de nettoyer les données de son CRM avant d’automatiser.
Les règles d’envoi : droit et délivrabilité
Dès qu’une relance devient une sollicitation commerciale envoyée en série, les règles de la prospection s’appliquent. En B2B, les règles d’or de la CNIL demandent que l’objet du message soit en rapport avec la fonction du destinataire, que chaque message indique pour le compte de qui il est envoyé, et qu’il offre un moyen simple de ne plus en recevoir.
Les messageries ont aussi leurs exigences. Google les publie dans ses consignes aux expéditeurs :
de signalements comme spam : le taux à ne jamais atteindre, pour tous les expéditeurs
messages par jour vers des comptes Gmail : au-delà, le désabonnement en un clic devient obligatoire pour les messages marketing
Une relance préparée et envoyée une à une par le commercial reste loin de ces seuils, et c’est aussi pour cela qu’elle arrive en boîte de réception. Les envois de masse relèvent d’un autre outil et d’une autre méthode, que notre guide sur la façon de faire un emailing détaille.
Par où commencer
- Choisissez une seule situation
Le devis envoyé sans réponse est un bon point de départ, parce que la situation est claire et le délai facile à fixer.
- Écrivez le délai et le nombre de relances
Avec les commerciaux, pas pour eux.
- Rédigez un modèle par étape
Dans leurs mots, avec deux ou trois champs remplis par le CRM.
- Branchez le brouillon
Pas l’envoi, et la règle d’arrêt à la première réponse.
- Relisez au bout d’un mois
Avec l’équipe : brouillons envoyés tels quels, modifiés, abandonnés. Ils disent quel modèle réécrire.
Un outil qui prépare le travail du commercial au lieu de lui en demander est aussi le meilleur argument pour qu’il le remplisse, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’adoption d’un CRM par les commerciaux. Le reste de la rubrique couvre le choix entre Twenty, Dolibarr et Odoo, Twenty en production, Twenty comme back-office, la migration depuis HubSpot, le coût réel d’Odoo, le RGPD dans un CRM et la décision automatisée.
Les séquences de relance et l’alerte au commercial quand un contact est prêt font partie de notre offre CRM et ERP, avec le paramétrage dans votre vocabulaire. Pour en parler sur votre cas, écrivez-nous.
Questions fréquentes
Combien de relances envoyer après un devis ?
Il n’existe pas de nombre juste pour toutes les entreprises : il dépend du cycle de vente et du montant. L’important est de fixer ce nombre à l’avance avec les commerciaux, d’espacer les relances, et d’annoncer clairement la dernière. Une dernière relance qui l’annonce laisse au client une façon simple de dire non, et une réponse négative vaut mieux qu’un dossier qui traîne.
Peut-on laisser une IA écrire les relances ?
Oui pour le brouillon, avec une relecture. Un modèle de langage, quel qu’il soit, rédige vite un message à partir du dernier échange et de l’étape de l’affaire. Il ne sait pas ce que le commercial a entendu au téléphone ni ce qui froisserait ce client-là. Le brouillon arrive donc dans la boîte du commercial, qui l’ajuste et l’envoie de sa propre adresse.
Faut-il un lien de désinscription dans une relance de devis ?
Une relance individuelle dans un échange en cours, avec un client qui a demandé le devis, n’est pas une campagne. Dès que des sollicitations commerciales partent en série, la CNIL demande en revanche que chaque message indique l’annonceur et offre un moyen simple de s’y opposer. En cas de doute sur votre situation, votre délégué à la protection des données tranche.
Que faire quand le client répond pendant la séquence ?
La séquence doit s’arrêter d’elle-même, et l’affaire revenir au commercial avec la réponse sous les yeux. Pour cela, le CRM doit voir les e-mails entrants, par la synchronisation de la boîte du commercial ou d’une boîte partagée. Sans elle, la machine continue de relancer un client qui a déjà dit oui, ou déjà dit non.
Sources
- Twenty, documentation : Workflow Actions (nouvel onglet)docs.twenty.com
- CNIL, les règles d’or de la prospection par courrier électronique (nouvel onglet)cnil.fr
- Google, consignes relatives aux expéditeurs d’e-mails (nouvel onglet)support.google.com
CNIL, les règles d’or de la prospection par courrier électronique
Lire sur cnil.fr(nouvel onglet)Google, consignes relatives aux expéditeurs d’e-mails
Lire sur support.google.com(nouvel onglet)Jim · fondateur de Brain Plus AI
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