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Construire ou acheter son logiciel en 2026 : qui croire ?

En 2026, l'IA rend la construction d'un logiciel plus rapide, mais pas son exploitation. Pour une équipe de 50 personnes, acheter reste le bon choix sur tout ce qui est standard ; construire se justifie sur le processus qui vous distingue, et la voie la plus sûre est souvent d'étendre un outil ouvert plutôt que de repartir de zéro.

Sommaire7
  1. 01Deux grands cabinets, deux conseils opposés
  2. 02Ce que disent les dirigeants des grandes entreprises
  3. 03L’IA accélère l’écriture du code, pas le reste
  4. 04Ce qui décide pour une équipe de 50 personnes
  5. 05Ce que nous en pensons
  6. 06Par où commencer
  7. 07Questions fréquentes

« Construire ou acheter » est une vieille question de direction informatique. L’IA l’a rouverte : si un assistant de programmation écrit le code en quelques heures, pourquoi payer un abonnement par utilisateur pour un logiciel qui ne fait qu’à moitié ce qu’on veut ? Les grands cabinets de conseil n’apportent pas la même réponse, et leurs conseils ne visent pas les mêmes entreprises.

Cet article prend du recul sur le débat. Pour la décision pratique, outil par outil, notre guide Application métier : sur mesure ou outil du marché ? donne la grille de choix et la comparaison sur trois ans.

En bref

  • Deloitte, qui vend du conseil, de l’audit et des services d’IA, conseille aux entreprises non cotées de ne pas gaspiller de ressources à construire ce qu’elles peuvent acheter.

  • Le BCG, qui vend du conseil en IA, écrit en septembre 2026 qu’il faut commencer petit, construire plutôt qu’acheter, et choisir.

  • Chez EY, qui vend du conseil et des services d’IA, 76 % des dirigeants américains interrogés disent que le logiciel du marché ne répond plus à leurs besoins, mais 72 % disent que les logiciels construits en interne avec l’IA leur posent des difficultés.

  • Pour une équipe de 50 personnes, la vraie question n’est pas « construire ou acheter » mais « qui fera tourner ce logiciel dans trois ans ».

Deux grands cabinets, deux conseils opposés

La contradiction est frappante quand on lit les deux textes côte à côte.

Deloitte : achetez

  • Guide destiné aux entreprises non cotées, publié en 2026

  • Ne pas gaspiller de ressources à construire une capacité d’IA qu’on peut acheter

  • Logique : aller vite, réduire le risque

Le BCG : construisez

  • Texte de septembre 2026 sur sa page consacrée aux agents d’IA

  • Commencer petit, construire plutôt qu’acheter, être sélectif

  • Logique : garder la maîtrise de ce qui différencie

Le guide de Deloitte Private s’adresse à des entreprises qui n’ont souvent ni équipe de développement ni budget pour en monter une. Le texte du BCG, publié sur sa page consacrée aux agents d’IA, parle à des organisations qui en ont, et pour qui le logiciel est un levier de différenciation. Les deux conseils peuvent être justes, chacun pour son lecteur. Aucun des deux ne parle d’une équipe de 50 personnes.

Ce que disent les dirigeants des grandes entreprises

EY, qui vend du conseil et des services d’IA, a interrogé en 2026 534 dirigeants américains de niveau SVP ou plus, dans des organisations qui investissent déjà dans l’IA. Ce n’est pas un échantillon de PME, et la base exclut les entreprises qui n’ont pas commencé.

76 %

disent que le logiciel du marché ne répond plus à leurs besoins spécifiques

87 %

ont déployé ou testent des logiciels internes construits avec l’IA

72 %

disent que des difficultés avec ces logiciels ralentissent leurs progrès

Source : EY, AI Pulse, vague 5, 534 dirigeants américains, juillet 2026

Les trois chiffres racontent une histoire cohérente : l’envie de construire est forte, les premiers résultats sont plus compliqués que prévu. Même enthousiasme et même prudence ailleurs : le BCG compte seulement 11 % de grandes entreprises qui s’appuient surtout sur un développement interne pour leur IA, selon son étude « The Widening AI Value Gap » auprès de 1 250 dirigeants, dont 90 % dans des entreprises de plus d’un milliard de dollars (BCG, 2025).

Du côté des entreprises européennes, la statistique publique est sans ambiguïté. Selon l’INSEE, 80 % des entreprises françaises de 10 personnes et plus qui utilisent l’IA l’acquièrent en achetant des logiciels prêts à l’emploi. Dans l’Union, 57,9 % des entreprises qui utilisent l’IA achètent du prêt à l’emploi et 21,8 % développent en interne, les modes se cumulant (Eurostat, isoc_eb_ai, données 2024). Acheter reste la norme, et de loin.

L’IA accélère l’écriture du code, pas le reste

L’argument central du « construisez » est que l’IA a fait baisser le coût du développement. C’est vrai pour une partie du travail, et c’est moins clair qu’on ne le dit.

  1. Février 2023

    Dans un essai en laboratoire sur une seule tâche, des développeurs équipés d’un assistant écrivent un serveur web 55,8 % plus vite que le groupe témoin.

  2. Juillet 2025

    Dans un essai randomisé de METR, 16 développeurs expérimentés mettent 19 % de temps en plus avec l’IA sur leurs propres projets, tout en croyant avoir gagné 20 %.

  3. Février 2026

    METR remesure et trouve une baisse du temps de réalisation, de 18 % pour les premiers développeurs et de 4 % pour de nouveaux, un signal qu’il juge lui-même peu fiable.

La lecture honnête : sur une tâche isolée et bien définie, l’IA fait gagner beaucoup ; sur un vrai projet, avec son historique et ses contraintes, le gain est incertain et le ressenti le surestime. Surtout, l’écriture du code n’est qu’une partie du coût d’un logiciel. Restent la conception, la sécurité, les mises à jour, la sauvegarde, la reprise des données, le support et la personne qui comprend le code dans trois ans. Nous l’avons développé dans Vibe coding : l’IA code vite, le produit reste humain.

À retenir

Le coût d’un logiciel, c’est surtout après la mise en service

L’IA réduit le temps d’écriture du premier jet. Elle ne réduit ni la maintenance, ni la responsabilité de ce qui tourne en production.

Ce qui décide pour une équipe de 50 personnes

Pour une entreprise de 20 à 500 personnes, nous ramenons la décision à quatre questions, dans cet ordre.

  1. Ce processus vous distingue-t-il ?

    La comptabilité, la paie et la messagerie sont les mêmes partout : achetez. Le processus qui fait que vos clients vous choisissent (un devis complexe, un suivi de chantier, un parcours client particulier) mérite qu’on regarde plus loin.

  2. Un outil ouvert couvre-t-il 80 % du besoin ?

    Si oui, étendre cet outil coûte presque toujours moins cher que repartir de zéro, et vous gardez ses mises à jour.

  3. Qui fera tourner le logiciel dans trois ans ?

    Sans personne pour le maintenir, en interne ou chez un prestataire engagé, un logiciel construit devient une dette dès son premier incident.

  4. Que coûte l’achat sur trois ans ?

    L’abonnement par utilisateur grimpe avec l’équipe ; comparez sur trois ans, pas sur le prix de départ. Notre méthode est dans Sortir du SaaS : le vrai coût sur 3 ans.

Le modèle de prix change aussi le calcul. Chez EY, 82 % des dirigeants interrogés pensent que la tarification par utilisateur deviendra moins pertinente dans leur secteur. Si vos éditeurs passent à la facturation à l’usage, un logiciel acheté peut devenir plus cher ou moins cher, et la comparaison est à refaire.

Ce que nous en pensons

Le débat entre Deloitte et le BCG oppose deux extrêmes. Pour la plupart des équipes de 20 à 500 personnes, la bonne réponse nous semble au milieu : acheter le standard, étendre un outil ouvert pour ce qui compte, et ne construire de zéro qu’en dernier recours, sur un périmètre étroit.

Sur le terrain

Étendre plutôt que construire, depuis début 2025

Nous opérons Twenty, un CRM open source, en production depuis début 2025, notamment comme CRM de Palmora Property, un portail immobilier en Thaïlande. Plutôt que d’écrire un CRM, nous avons développé une application métier par-dessus et l’avons publiée sur le store de Twenty. Nous gardons les mises à jour de l’outil, et nous ne maintenons que ce qui nous est propre.

Notre biais est connu : nous vendons du développement d’applications. C’est justement pourquoi nous commençons chaque projet par la question de l’achat. Un logiciel construit pour un besoin qu’un outil du marché couvrait est une dépense que personne ne nous remerciera d’avoir faite.

Par où commencer

Listez vos logiciels et, pour chacun, répondez aux quatre questions ci-dessus. La plupart tomberont dans « acheter ». Pour le ou les deux processus qui restent, comparez l’extension d’un outil ouvert et le développement, en coût sur trois ans. Notre guide Combien coûte une application : ce qui fait varier le prix aide à chiffrer, et Low-code ou code à choisir l’outillage. Si le développement l’emporte, notre offre de développement d’applications commence par cadrer ce périmètre étroit.

Questions fréquentes

Faut-il développer son propre logiciel avec l’IA en 2026 ?

Seulement pour le processus qui vous distingue, et seulement si quelqu’un peut le maintenir. L’IA accélère l’écriture du code, mais les études restent partagées sur le gain réel dans un projet complet, et la maintenance, la sécurité et le support ne baissent pas. Pour le reste, acheter reste la norme.

Pourquoi Deloitte et le BCG ne disent-ils pas la même chose ?

Parce qu’ils ne parlent pas aux mêmes lecteurs. Le guide de Deloitte vise des entreprises non cotées, souvent sans équipe de développement ; le texte du BCG s’adresse à des organisations qui en ont une et cherchent à se différencier. Les deux cabinets vendent du conseil en IA dans les deux cas.

Étendre un logiciel open source, est-ce construire ou acheter ?

C’est une voie intermédiaire : vous partez d’un outil existant et maintenu, et vous n’écrivez que ce qui vous est propre. Le coût est plus bas qu’un développement complet et vous gardez les mises à jour de l’outil. La condition est de choisir un outil dont la licence et l’architecture permettent ces extensions.

L’IA réduit-elle le coût d’un logiciel sur mesure ?

Elle réduit le temps d’écriture d’une partie du code. Elle ne réduit pas le coût de conception, de tests, de sécurité, d’hébergement et de maintenance, qui pèsent souvent plus lourd sur trois ans. Comparez toujours le coût total, pas seulement le prix du développement.

Sources

  1. Deloitte Private (nouvel onglet)deloitte.com
  2. Page consacrée aux agents d’IA (nouvel onglet)bcg.com
  3. BCG, 2025 (nouvel onglet)media-publications.bcg.com
  4. INSEE (nouvel onglet)insee.fr
  5. Eurostat, isoc_eb_ai (nouvel onglet)ec.europa.eu
  6. 55,8 % plus vite (nouvel onglet)arxiv.org
  7. 19 % de temps en plus (nouvel onglet)arxiv.org
  8. Peu fiable (nouvel onglet)metr.org
Source 1

Deloitte Private

Lire sur deloitte.com(nouvel onglet)
Source 2

Page consacrée aux agents d’IA

Lire sur bcg.com(nouvel onglet)
Source 5

Eurostat, isoc_eb_ai

Lire sur ec.europa.eu(nouvel onglet)
Source 6

55,8 % plus vite

Lire sur arxiv.org(nouvel onglet)
Source 7

19 % de temps en plus

Lire sur arxiv.org(nouvel onglet)

Jim · fondateur de Brain Plus AI

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