Sommaire8
- 01Pourquoi les acheteurs abandonnent-ils leur panier ?
- 02Corriger le site avant d’écrire à quiconque
- 03À qui a-t-on le droit d’écrire ?
- 04Combien de messages, et à quel moment ?
- 05Ce qu’une bonne relance contient
- 06Ce que nous appliquons nous-mêmes
- 07Mesurer sans se raconter d’histoire
- 08Questions fréquentes
Un panier abandonné n’est pas un client perdu. C’est quelqu’un qui a choisi un produit, puis s’est arrêté avant de payer. Parfois il comparait, parfois il a été interrompu, souvent quelque chose l’a fait douter. La relance sert à lever ce doute, pas à insister jusqu’à ce qu’il cède.
Ce guide s’adresse aux équipes qui vendent en ligne et veulent récupérer une partie de ces ventes sans abîmer la relation avec leurs clients. Il complète les cinq chiffres à suivre chaque semaine, où l’écart entre ajouts au panier et paiements est l’un des signaux à surveiller.
En bref
Environ sept paniers sur dix sont abandonnés, selon la compilation de 50 études du Baymard Institute, et une bonne part pour des raisons que le site peut corriger.
Avant de relancer, réglez ce qui fait abandonner : frais annoncés trop tard, création de compte imposée, politique de retour floue.
En France, une relance qui pousse à acheter s’adresse à quelqu’un qui y a consenti ; la création d’un compte ne suffit pas à faire un client.
Deux ou trois messages, espacés et utiles, puis le silence : au-delà, on agace plus qu’on ne vend.
Pourquoi les acheteurs abandonnent-ils leur panier ?
Le Baymard Institute compile depuis des années les études publiées sur le sujet. Sa moyenne et les raisons citées par les acheteurs américains interrogés donnent une carte assez nette de ce qui se joue :
de taux moyen d’abandon de panier documenté
des acheteurs qui abandonnent citent des frais en plus trop élevés (livraison, taxes, frais)
citent l’obligation de créer un compte
citent une politique de retour insatisfaisante
La même page note que 42 % des acheteurs américains interrogés avaient abandonné parce qu’ils « regardaient simplement » et n’étaient pas prêts à acheter. Ceux-là, aucune relance ne les fera changer d’avis rapidement, et c’est une raison de plus de ne pas les harceler.
Corriger le site avant d’écrire à quiconque
La meilleure relance est celle qu’on n’a pas besoin d’envoyer. La plupart des raisons citées se règlent sur le site :
- Afficher les frais tôt. Le coût de livraison, ou le seuil à partir duquel elle est offerte, dès la page produit. Une surprise au paiement fait fuir plus sûrement qu’un prix connu d’avance.
- Permettre de commander sans compte. Proposer la création du compte après la commande, pas avant.
- Rendre la politique de retour visible, avec un délai et des conditions lisibles en une phrase.
- Montrer le total avant le paiement, taxes et livraison comprises.
Ces points relèvent de la page produit autant que du tunnel de commande : ce que l’acheteur cherche avant de payer les détaille un par un.
À qui a-t-on le droit d’écrire ?
C’est la question qu’on oublie le plus souvent. La CNIL distingue les messages de prospection, qui poussent à acheter, des messages transactionnels liés à une commande. Sa page sur les communications électroniques aux prospects et clients rappelle le principe : la prospection par voie électronique auprès de particuliers repose sur le consentement préalable. Une exception vaut pour les personnes déjà clientes, sur des produits similaires, à condition qu’elles aient été informées et puissent s’y opposer facilement.
La simple création d’un compte ne suffit pas à caractériser une relation commerciale.
Concrètement, un visiteur qui a laissé son adresse au début du paiement sans jamais avoir acheté, ni coché l’acceptation des e-mails commerciaux, n’est pas une cible pour une relance qui l’incite à finir son achat. Prévoyez une case de consentement claire, non cochée d’avance, dans le tunnel de commande. Pour un cas précis, l’avis d’un juriste reste la référence.
Combien de messages, et à quel moment ?
Shopify considère un paiement comme abandonné quand il reste incomplet plus de dix minutes après que le client a saisi son adresse e-mail, et laisse le marchand choisir le délai avant l’envoi automatique. Le délai précis compte moins que la logique de la séquence :
- Le rappel.
Quelques heures après l’abandon : le panier, l’image du produit, un lien direct pour reprendre où on s’était arrêté. Pas de remise.
- La réponse au doute.
Le lendemain : ce qui rassure (délai de livraison, retours, contact d’une vraie personne), en lien avec les raisons d’abandon les plus courantes.
- Le dernier message, si besoin.
Quelques jours plus tard, et seulement s’il apporte du nouveau : stock limité réel, produit de remplacement. Ensuite, on s’arrête.
Le premier message rapporte souvent l’essentiel, parce qu’il touche ceux qui ont seulement été interrompus. Les suivants servent à lever un doute précis ; s’ils ne font que répéter « vous avez oublié quelque chose », ils lassent.
Attention
La remise automatique apprend aux clients à abandonner
Un code de réduction envoyé à chaque panier abandonné finit par se savoir : certains clients abandonnent exprès pour le recevoir. Réservez la remise aux cas où le prix est vraiment la raison, et jamais dans le premier message. Une fausse urgence (« plus que 2 heures » quand ce n’est pas vrai) est, elle, une pratique déloyale selon la page de l’Union européenne sur les pratiques commerciales.
Ce qu’une bonne relance contient
- Le produit lui-même, avec son image et son prix, pour que la personne reconnaisse tout de suite de quoi il s’agit.
- Un seul bouton, qui ramène au panier rempli, pas à l’accueil.
- Une réponse aux doutes fréquents : livraison, retours, paiement sécurisé.
- Un lien de désinscription visible, que la loi impose pour la prospection et que la courtoisie impose partout.
- Un ton de service, pas de reproche.
La rédaction de ces messages suit les mêmes règles qu’un e-mailing : notre guide pour faire un emailing détaille l’objet, la délivrabilité et le suivi.
Ce que nous appliquons nous-mêmes
Une relance ne vaut que ce que vaut la fiche vers laquelle elle ramène. Sur une boutique en ligne de peluches que nous remettons d’aplomb, nous avons commencé par le catalogue : 653 produits revus, 26 champs définis, 481 fiches enrichies et toutes relues, comme le raconte notre article sur les fiches produit et l’IA. Nous ne publions pas ici de taux de récupération de paniers : sans mesure avant et après sur cette boutique, ce serait un chiffre inventé.
Mesurer sans se raconter d’histoire
Comptez les commandes passées après un clic dans une relance, mais retranchez-en par la pensée celles qui seraient venues de toute façon : une partie des acheteurs revient d’elle-même. Le bon indicateur reste l’écart entre paniers et paiements, suivi chaque semaine. Si votre plateforme demande une application de plus pour envoyer ces relances, faites le calcul décrit dans notre article sur le coût des applications Shopify : la fonction native suffit souvent pour commencer. Et si une part de vos paniers vient de la publicité, ce qui fait monter ou couler une campagne Google Shopping se joue aussi sur le tunnel de commande. Le choix de la plateforme, enfin, décide de ce qui est natif : nous le comparons dans Shopify ou Medusa, et les flux produits dans notre guide Google Shopping et marketplaces.
Si vous voulez revoir votre tunnel de commande et vos relances, notre accompagnement e-commerce commence par un point sur votre boutique, avant toute nouvelle application.
Questions fréquentes
Combien de relances envoyer après un panier abandonné ?
Deux ou trois au plus, sur quelques jours. Le premier rappel, quelques heures après l’abandon, touche les personnes simplement interrompues. Le deuxième répond aux doutes fréquents sur la livraison ou les retours. Un troisième ne se justifie que s’il apporte une information nouvelle. Au-delà, le risque de désinscription et d’agacement dépasse les ventes espérées.
Faut-il offrir une remise dans la relance ?
Pas d’emblée. Une remise systématique apprend à certains clients à abandonner leur panier pour la recevoir, et elle rogne la marge sur des ventes qui auraient eu lieu sans elle. Réservez-la aux cas où le prix est vraiment la raison de l’hésitation, à un moment tardif de la séquence, et jamais sous forme de fausse urgence.
Peut-on relancer un visiteur qui n’a jamais acheté ?
Une relance qui l’incite à acheter relève de la prospection, et la CNIL rappelle qu’elle repose en principe sur le consentement préalable des particuliers. La création d’un compte, à elle seule, ne fait pas de la personne un client. Recueillez donc un consentement clair, case non cochée d’avance, avant d’envoyer ce type de message.
La relance par SMS fonctionne-t-elle mieux que l’e-mail ?
Le SMS est plus intrusif, et les règles de consentement de la prospection électronique s’y appliquent comme à l’e-mail. Il peut convenir à des clients qui l’ont explicitement accepté et à des achats où le délai compte. Pour la plupart des boutiques, l’e-mail reste le canal par défaut, le SMS une option réservée à ceux qui l’ont choisie.
Sources
- CNIL, communications par voie électronique aux prospects et clients, juin 2026 (nouvel onglet)cnil.fr
- Aide Shopify, paiements abandonnés (nouvel onglet)help.shopify.com
- Your Europe, pratiques commerciales déloyales (nouvel onglet)europa.eu
CNIL, communications par voie électronique aux prospects et clients, juin 2026
Lire sur cnil.fr(nouvel onglet)Jim · fondateur de Brain Plus AI
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