E-commerce 7 min

Vendre en ligne : 16 % des petites entreprises françaises

Selon Eurostat, 16,2 % des entreprises françaises de 10 à 49 personnes vendent en ligne en 2025, contre 21,4 % dans l'Union, et la vente en ligne pèse 7,0 % de leur chiffre d'affaires. Le canal reste marginal : on y entre par les clients existants et les produits simples avant d'ouvrir une boutique complète.

Sommaire6
  1. 01Ce que comptent les chiffres
  2. 02Un canal qui pèse peu dans le chiffre d’affaires
  3. 03Pourquoi le canal reste marginal
  4. 04Par où commencer
  5. 05Ce que l’écart avec les voisins enseigne
  6. 06Questions fréquentes

On parle beaucoup du commerce en ligne comme d’une évidence. Pour les entreprises françaises de taille modeste, les chiffres disent autre chose : une petite minorité vend en ligne, et pour celles qui le font, le canal reste loin derrière la vente classique. Ce n’est ni une fatalité ni un retard honteux, mais cela change la façon d’aborder une boutique : comme un canal à construire pas à pas, pas comme une vitrine qu’on ouvre en espérant que les commandes suivent.

En bref

  • En 2025, 16,2 % des entreprises françaises de 10 à 49 personnes vendent en ligne, contre 21,4 % dans l’Union et 29,0 % en Belgique (Eurostat).

  • Pour ces petites entreprises françaises, la vente en ligne pèse 7,0 % du chiffre d’affaires.

  • À l’échelle de l’Union, les ventes par le propre site d’une entreprise sont près de deux fois plus répandues que les ventes par une place de marché.

  • Le bon point de départ est souvent un client existant qui commande déjà, par téléphone ou par email.

Ce que comptent les chiffres

Eurostat interroge chaque année les entreprises européennes de 10 personnes et plus. Sa base isoc_ec_esels mesure la part des entreprises qui vendent en ligne, que ce soit par le web (leur site, une application, une place de marché) ou par échange de données informatisé, ces commandes transmises directement d’un logiciel à l’autre entre entreprises.

16,2 %

des entreprises françaises de 10 à 49 personnes vendent en ligne

34,2 %

des entreprises françaises de 50 à 249 personnes vendent en ligne

21,4 %

des entreprises de 10 à 49 personnes de l’Union vendent en ligne

Source : Eurostat, isoc_ec_esels, enquête 2025, entreprises de 10 personnes et plus

La taille fait plus que doubler la proportion en France. Au-dessus de 50 personnes, la France fait même mieux que la moyenne européenne de cette tranche (31,7 %) ; c’est en dessous qu’elle décroche. Toutes tailles confondues, 19,4 % des entreprises françaises vendent en ligne, contre 23,6 % dans l’Union, 31,8 % en Belgique et 25,5 % en Estonie. Le Luxembourg, à 14,7 %, fait moins bien que la France : le petit pays n’est pas toujours le plus numérique.

Un canal qui pèse peu dans le chiffre d’affaires

Vendre en ligne ne dit pas combien on y vend. La base isoc_ec_evals répond à cette seconde question : elle compte la part du chiffre d’affaires de toutes les entreprises de la tranche, vendeuses en ligne ou non, réalisée en ligne. Les montants portent en principe sur l’année civile qui précède l’enquête.

Part du chiffre d’affaires réalisée en ligne, enquête 2025

Union européenne

10 à 49 personnes8,7 %
50 à 249 personnes15,4 %
250 personnes et plus24,2 %

France

10 à 49 personnes7,0 %
Toutes tailles14,2 %
Source : Eurostat, isoc_ec_evals, enquête 2025, extraction du 14/10/2026

Ces chiffres comprennent l’échange de données informatisé, qui pèse lourd chez les grandes entreprises industrielles. Si l’on ne garde que le web, la vente en ligne représente 4,0 % du chiffre d’affaires des entreprises françaises toutes tailles confondues, contre 8,4 % dans l’Union. Pour une entreprise de 10 à 49 personnes en France, la vente en ligne reste donc un complément, rarement le cœur de l’activité.

Le baromètre France Num 2026, programme public de la DGE, nuance le tableau sur un autre échantillon : 9 655 entreprises de moins de 250 salariés, majoritairement des très petites. Selon son article de présentation, 46 % de ces TPE et PME tirent d’internet au moins 5 % de leurs clients, et 17 % réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires en ligne. Internet amène donc des clients à près d’une entreprise sur deux, même quand la commande se conclut ailleurs.

Pourquoi le canal reste marginal

Les statistiques ne donnent pas les raisons ; l’expérience en suggère quelques-unes, qu’il faut prendre comme des hypothèses à vérifier dans votre propre activité.

  • Le produit ne se vend pas en un clic. Une machine configurée, un service sur devis, une commande récurrente à prix négocié : beaucoup d’entreprises de 20 à 500 personnes vendent des choses qui passent par une discussion.
  • Les clients commandent déjà autrement. Par téléphone, par email, par un commercial. Une boutique qui ignore ces habitudes se retrouve vide pendant que les commandes arrivent comme avant.
  • Les données produit ne sont pas prêtes. Références incomplètes, photos manquantes, prix qui vivent dans un tableur : une boutique met ces défauts au grand jour.
  • Le coût d’exploitation est sous-estimé. Une boutique demande des mises à jour, du support et une logistique, pas seulement une mise en ligne.

Sur le terrain

Sur une boutique en ligne de peluches que nous remettons d’aplomb sur Shopify, le premier chantier n’a été ni une campagne ni une nouvelle application, mais le catalogue : 653 produits revus, 26 champs définis, 481 fiches enrichies puis relues. Une boutique ne vend pas mieux que les données qu’elle affiche, et ce travail se fait avant l’acquisition, pas après.

Par où commencer

À l’échelle de l’Union, 17,7 % des entreprises de 10 personnes et plus vendent par leur propre site ou application, contre 9,3 % par des places de marché, d’après la même base isoc_ec_esels. Les deux ne s’excluent pas, et l’ordre compte.

  1. Partir des clients existants.

    Un espace de commande pour ceux qui commandent déjà par email ou par téléphone, avec leurs prix et leurs conditions, rapporte plus vite qu’une boutique ouverte à tous.

  2. Choisir un périmètre réduit.

    Les produits simples, au prix stable, qui ne demandent pas de conseil. Le reste reste sur devis.

  3. Remettre les données en ordre.

    Références, attributs, photos, stocks, dans un seul endroit qui alimente la boutique.

  4. Mesurer avant d’acheter du trafic.

    Combien de commandes, quel panier, quel coût de traitement, avant de payer pour attirer de nouveaux visiteurs.

  5. Ajouter les canaux de visibilité.

    Google Shopping, une place de marché, la publicité, une fois que la boutique tient les commandes qu’elle reçoit.

La première étape a son propre guide : les boutiques B2B avec prix, devis et commandes répondent au cas le plus fréquent dans les entreprises de notre cible. Le choix de l’outil vient ensuite, et dépend du volume et de la part de sur-mesure : Shopify ou Medusa compare les deux approches. Quand la boutique tient, Google Shopping et les places de marché élargissent l’audience sans repartir de zéro, et vendre sur Amazon en plus de sa boutique détaille ce que coûte ce canal. Pour construire la boutique elle-même, notre offre e-commerce part de ce même ordre : données, commandes, puis acquisition.

À retenir

Le chiffre qui compte est le vôtre

Les 7,0 % d’Eurostat décrivent une moyenne. Ce qui décide, c’est la part de vos commandes actuelles qui pourrait passer en ligne sans perdre la relation : commencez par la mesurer dans vos propres ventes.

Ce que l’écart avec les voisins enseigne

La Belgique, à 29,0 % de petites entreprises qui vendent en ligne, montre qu’un taux plus élevé est possible dans une économie proche. Rien n’indique pour autant qu’il faille rattraper une moyenne : une entreprise dont les clients veulent parler à quelqu’un avant d’acheter a raison de ne pas forcer une boutique. L’erreur coûteuse est inverse : ouvrir une boutique complète par principe, sans données propres ni clients identifiés, puis conclure que la vente en ligne « ne marche pas chez nous ».

Questions fréquentes

Combien de PME françaises vendent en ligne ?

Selon l’enquête 2025 d’Eurostat, 16,2 % des entreprises françaises de 10 à 49 personnes et 34,2 % de celles de 50 à 249 personnes vendent en ligne, par le web ou par échange de données informatisé. Toutes tailles confondues, la proportion est de 19,4 %.

Quelle part du chiffre d’affaires la vente en ligne représente-t-elle ?

Pour les entreprises françaises de 10 à 49 personnes, 7,0 % du chiffre d’affaires selon Eurostat, contre 8,7 % pour la même tranche dans l’Union. Par le web seul, toutes tailles confondues, la part tombe à 4,0 % en France, le reste passant par l’échange de données informatisé entre entreprises.

Faut-il commencer par une boutique ou par une place de marché ?

Pour une entreprise qui a déjà des clients réguliers, un espace de commande sur son propre site est souvent le premier pas le plus rentable. Une place de marché sert ensuite à toucher de nouveaux acheteurs, avec ses commissions et ses règles.

Une boutique en ligne a-t-elle du sens pour des produits sur devis ?

Oui, si elle sert à commander ce qui est simple et à demander un devis pour le reste. Beaucoup de boutiques B2B combinent un catalogue à prix affichés pour les clients connus et un formulaire de devis pour le sur-mesure.

Sources

  1. Eurostat, base isoc_ec_esels (ventes en ligne des entreprises), extraite le 14/10/2026 (nouvel onglet)ec.europa.eu
  2. Eurostat, base isoc_ec_evals (chiffre d’affaires de la vente en ligne), extraite le 14/10/2026 (nouvel onglet)ec.europa.eu
  3. Service-public.gouv.fr, baromètre France Num 2026 (nouvel onglet)entreprendre.service-public.gouv.fr
Source 1

Eurostat, base isoc_ec_esels (ventes en ligne des entreprises), extraite le 14/10/2026

Lire sur ec.europa.eu(nouvel onglet)
Source 2

Eurostat, base isoc_ec_evals (chiffre d’affaires de la vente en ligne), extraite le 14/10/2026

Lire sur ec.europa.eu(nouvel onglet)
Source 3

Service-public.gouv.fr, baromètre France Num 2026

Lire sur entreprendre.service-public.gouv.fr(nouvel onglet)

Jim · fondateur de Brain Plus AI

À lire aussi en e-commerce

  • Choisir et chiffrer6 min

    Shopify ou Medusa : que choisir pour une PME ?

    Shopify facture un abonnement et parfois une commission ; une plateforme open source comme Medusa ne coûte rien en licence mais demande une équipe pour la développer et l'exploiter. Voici comment comparer les deux sur trois ans, et dans quels cas chacun l'emporte.

  • Guide pratique8 min

    Google Shopping et marketplaces : préparer sa boutique

    Avant de diffuser un catalogue sur Google Shopping ou une marketplace, il faut des données produit propres : identifiants, titres, prix, disponibilité, livraison et retours. Ce que demande Google Merchant Center, et pourquoi c'est la même base pour tous les canaux.

  • Guide pratique9 min

    Boutique B2B : prix client, devis et commandes récurrentes

    Un acheteur professionnel veut voir ses prix négociés, commander à nouveau en deux clics et payer à 30 jours. Ce qu'une boutique B2B doit savoir faire, ce que Shopify et Medusa proposent, et pourquoi elle libère les commerciaux au lieu de les remplacer.

WhatsApp