Sommaire8
Le jour où une entreprise crée une deuxième société, une filiale à l’étranger ou une holding, la tentation est d’installer un deuxième outil. Deux ans plus tard, il y a deux bases clients, deux catalogues, et une consolidation faite à la main chaque trimestre. Un ERP multi-sociétés évite ce dédoublement.
En bref
Chaque société garde sa comptabilité, ses taxes, ses numéros de pièces et sa devise.
Clients, articles et utilisateurs peuvent être partagés ou cloisonnés.
Les ventes entre sociétés du groupe peuvent générer automatiquement la pièce en face.
Les droits doivent dire qui voit quelle société.
Sur Odoo, le multi-sociétés demande le plan Personnalisé de l’édition Enterprise.
Ce qui est séparé, ce qui est partagé
Propre à chaque société
Plan comptable, journaux, taxes
Numérotation des factures
Devise et coordonnées bancaires
Partageable
Fiches clients et fournisseurs
Catalogue d’articles
Utilisateurs et leurs accès
Le choix du partage se fait au cas par cas. Un catalogue commun simplifie la vie si les sociétés vendent les mêmes produits ; des fiches clients séparées s’imposent si chaque société a sa propre clientèle et ses propres conditions.
Les flux intersociétés
Quand la société A vend à la société B du même groupe, il faut une facture de vente chez A et une facture d’achat chez B. Odoo peut créer automatiquement la pièce en face : la commande de vente chez A produit la commande d’achat chez B. La documentation d’Odoo sur le multi-sociétés décrit le réglage. L’automatisme évite les écarts entre les deux comptabilités, qui sont la plaie des consolidations.
Les droits
Un utilisateur peut avoir accès à une seule société, à plusieurs, ou à toutes. Le contrôleur de gestion du groupe voit tout ; le commercial de la filiale ne voit que la sienne. Ces règles s’écrivent avant le paramétrage, avec le reste des droits d’accès.
Le coût de licence
Sur Odoo, la gestion de plusieurs sociétés fait partie du plan Personnalisé de l’édition Enterprise, environ deux fois le prix du plan Standard par utilisateur selon la page tarifaire de l’éditeur. Notre calcul sur le coût d’Odoo sur trois ans détaille l’effet sur le budget. En Community, le multi-sociétés est présent dans le socle, sans abonnement, avec les limites de l’édition décrites dans Odoo Community ou Enterprise.
Dolibarr propose le multi-sociétés par un module complémentaire, qui cloisonne davantage les entités. Il convient bien à des sociétés qui partagent peu de données.
Les pièges
- Commencer mono-société et ajouter la deuxième plus tard sans l’avoir prévu : les numérotations, les comptes et les droits sont à reprendre.
- Tout partager par défaut : un commercial voit les prix d’une autre société, un client reçoit une facture au mauvais en-tête.
- Oublier les devises : une filiale hors zone euro demande des taux de change et des écarts de conversion gérés dans l’outil.
- Négliger la consolidation : l’ERP produit les données par société, la consolidation du groupe reste un travail comptable à cadrer.
Ce qu’il faut écrire avant de paramétrer
Trois listes suffisent : les données partagées entre sociétés et celles qui restent propres à chacune, les flux intersociétés avec leur règle de facturation, et les droits de chaque rôle par société. Écrites au cadrage, elles évitent les reprises coûteuses et les erreurs d’en-tête sur les factures. Le guide complet de l’ERP détaille les autres étapes, et notre offre CRM et ERP propose Odoo en trois paliers à prix fixe, le multi-sociétés étant chiffré dans le périmètre.
Une seule base, ou plusieurs
Certaines entreprises préfèrent une base par société, pour un cloisonnement total. C’est plus simple à comprendre, mais on perd les flux intersociétés automatiques, les fiches partagées et la vue de groupe. Le choix se fait sur le volume d’échanges entre sociétés : s’ils sont rares, des bases séparées suffisent ; s’ils sont quotidiens, une base commune fait gagner beaucoup de temps. Une base commune se cloisonne ensuite par les droits, alors que deux bases séparées ne se rapprochent ensuite qu’avec une migration complète.
Questions fréquentes
Faut-il un ERP multi-sociétés pour une holding ?
Si la holding facture des services à ses filiales, oui, c’est utile : les refacturations intersociétés se génèrent automatiquement et les comptes restent cohérents. Une holding purement patrimoniale, sans flux réguliers, peut se contenter d’une comptabilité tenue à part, sans paramétrage particulier.
Peut-on avoir plusieurs pays dans la même base ?
Oui. Chaque société a sa localisation fiscale (plan comptable, taxes, mentions légales). Odoo propose des localisations pour de nombreux pays. Il faut vérifier, pays par pays, ce que la localisation couvre, notamment les obligations de facturation électronique locales, qui diffèrent d’un pays à l’autre.
Combien de temps ajoute le multi-sociétés à un projet ?
Il ajoute surtout du cadrage : règles de partage, flux intersociétés, droits et devises. Le paramétrage lui-même reste raisonnable si ces règles sont écrites. Le temps supplémentaire vient des tests, car chaque scénario doit passer dans chaque société concernée, avec ses taxes et ses numéros.
Sources
Jim · fondateur de Brain Plus AI
À lire aussi en erp : odoo et dolibarr

Guide pratique5 min Le guide du sujet
ERP pour une entreprise de 20 à 500 personnes : le guide
Un ERP réunit ventes, achats, stocks et facturation dans une seule base. Ce guide dit quand il devient utile, comment choisir entre Odoo et Dolibarr, et ce qui fait réussir ou échouer le projet.

Guide pratique4 min
Droits d'accès dans un ERP : qui voit quoi, et pourquoi
Dans un ERP, tout le monde partage la même base, et les droits d'accès disent qui voit les marges, qui valide un paiement, qui peut supprimer une facture. Comment les poser simplement, et les tenir à jour.

Guide pratique4 min
Cahier des charges ERP : le modèle court qui suffit
Un cahier des charges ERP de quatre-vingts pages ne protège de rien, alors qu'un document court, centré sur les flux et les règles métier, fait un meilleur projet. Le plan, section par section.
