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Base de connaissances : l'écrire pour vos équipes et vos IA

Une base de connaissances utile à l'IA suit quelques règles simples : une question par article, la réponse dans les deux premières phrases, le périmètre écrit, une date et un responsable par article, des droits d'accès. L'assistant n'y répond qu'en citant sa source, passe la main quand la base se tait, et chaque question sans réponse devient un article.

Sommaire7
  1. 01Que s’est-il passé avec le chatbot d’Air Canada ?
  2. 02Pourquoi votre base de connaissances a-t-elle trois lecteurs ?
  3. 03Comment écrire un article qu’une IA citera juste ?
  4. 04Que doit faire l’assistant de cette base ?
  5. 05Faut-il laisser l’IA écrire la base ?
  6. 06Par où commencer ?
  7. 07Questions fréquentes

En novembre 2022, un client d’Air Canada demande au chatbot de la compagnie s’il peut obtenir après coup le tarif réduit prévu en cas de deuil. Le chatbot répond que oui, dans les 90 jours. La politique de la compagnie, publiée sur une autre page du même site, disait le contraire. Le client a été remboursé par décision de justice, et la compagnie a perdu l’argument qu’elle avait avancé : que le chatbot serait responsable de ses propres réponses.

Ce litige tient en une leçon : ce que dit votre assistant d’IA engage l’entreprise autant qu’une page de votre site. Or un assistant répond à partir de ce qu’on lui donne à lire, et le plus souvent, c’est la base de connaissances. Elle a donc désormais trois lecteurs, vos clients, vos équipes et vos IA, et elle s’écrit pour les trois.

En bref

  • Un assistant d’IA répond à partir de votre base : une page périmée ou contradictoire devient une réponse fausse, donnée avec assurance.

  • L’entreprise répond de ce que dit son chatbot comme du reste de son site : c’est ce qu’a jugé un tribunal canadien en 2024 dans l’affaire Air Canada.

  • Un article utile à l’IA traite une seule question, donne la réponse d’entrée, écrit son périmètre, porte une date et un responsable.

  • L’assistant cite sa source, passe la main quand la base se tait, et chaque question restée sans réponse devient l’article suivant.

Que s’est-il passé avec le chatbot d’Air Canada ?

Le client avait fait une capture de la réponse du chatbot, qui l’invitait à demander le tarif réduit dans les 90 jours suivant l’émission de son billet. Air Canada n’acceptait pas ces demandes après le voyage. Devant le tribunal de règlement des petits litiges de Colombie-Britannique, la compagnie a soutenu que le chatbot était, en somme, une entité distincte. Le tribunal a qualifié l’argument de « remarquable », puis l’a écarté :

Il devrait être évident pour Air Canada qu’elle est responsable de toutes les informations de son site web. Que l’information vienne d’une page statique ou d’un chatbot ne fait aucune différence.

Civil Resolution Tribunal de Colombie-Britannique, Moffatt c. Air Canada, 14 février 2024, traduit de l’anglais

La compagnie a été condamnée à payer 812,02 dollars canadiens, dommages, intérêts et frais compris. Le montant est modeste ; le raisonnement, lui, vaut pour toute entreprise : le tribunal relève qu’Air Canada n’avait pas pris de soin raisonnable pour que son chatbot soit exact, et qu’un client n’a aucune raison de deviner qu’une partie du site est juste et une autre non. Il s’agit d’une décision canadienne, pas d’une règle française, mais son bon sens se transpose facilement.

Pourquoi votre base de connaissances a-t-elle trois lecteurs ?

Vos clients, qui cherchent seuls la réponse avant d’écrire au support. Ils lisent vite, sur téléphone, et s’arrêtent à la première phrase utile.

Vos équipes, qui s’en servent pour répondre, former un nouveau collègue ou vérifier une règle. Elles ont besoin des exceptions, celles que l’on garde d’ordinaire en tête.

Vos assistants d’IA, qui y cherchent les passages proches de la question posée et répondent à partir d’eux. C’est le principe d’un RAG, que nous détaillons dans RAG en entreprise : une IA qui répond avec vos documents. Ils lisent tout, sans recul : une page de 2023 oubliée dans un coin pèse autant que la politique en vigueur.

Les éditeurs d’IA le disent eux-mêmes. Microsoft demande, pour ses agents, de s’assurer que le contenu est à jour et exact, puisque l’agent répond avec, et de relire périodiquement les sources pour en retirer ce qui est périmé. Anthropic recommande de faire citer à l’assistant ses sources pour chaque affirmation, pour que la réponse puisse être vérifiée.

Comment écrire un article qu’une IA citera juste ?

Sept règles, que nous appliquons à toute base avant de la confier à un assistant :

  1. Une question par article.

    Le titre est la question, posée avec les mots du client : « Comment changer l’adresse de livraison d’une commande ? », pas « Politique logistique ».

  2. La réponse d’abord.

    Les deux premières phrases répondent ; les détails, les étapes et les cas particuliers suivent.

  3. Le périmètre écrit.

    À qui la règle s’applique, pour quels produits, dans quels pays, depuis quand. Une IA ne devine pas une condition que personne n’a écrite.

  4. Les exceptions dans l’article.

    Ce que le support sait « de tête » n’existe pas pour l’assistant.

  5. Une seule source par sujet.

    Deux pages qui se contredisent produisent une réponse au hasard. La seconde renvoie à la première, ou disparaît.

  6. Une date et un responsable.

    Chaque article porte sa date de mise à jour et le nom de la personne qui en répond.

  7. Un niveau d’accès.

    Public, interne ou confidentiel : l’assistant ouvert aux clients ne lit que le public.

Un article écrit pour être parcouru

  • Un titre vague : « Livraisons »

  • La règle au milieu du quatrième paragraphe

  • « Sauf cas particuliers » sans dire lesquels

  • Ni date ni responsable

Un article écrit pour être cité

  • Le titre est la question du client

  • La réponse en deux phrases, puis le détail

  • Chaque exception nommée, avec sa condition

  • Mis à jour le 3 octobre, par la responsable logistique

Le droit d’accès mérite une attention à part : un assistant qui voit tout peut tout répéter. Notre guide Gouvernance de l’IA en entreprise : qui accède à quoi explique comment découper ces droits par service.

Que doit faire l’assistant de cette base ?

Une bonne base ne suffit pas : l’assistant doit avoir des consignes claires sur la façon de s’en servir. Quatre règles, toujours les mêmes :

  • répondre seulement à partir de la base, sans compléter de mémoire ;
  • citer l’article d’où vient la réponse, pour que le client comme le collègue puissent vérifier ;
  • passer la main à une personne quand la base ne répond pas, plutôt que d’improviser ;
  • noter chaque question sans réponse, qui devient la liste de travail de la semaine.

La boucle d’une base de connaissances vivante

  1. La question

    Un client ou un collègue la pose à l’assistant.

  2. La recherche

    L’assistant trouve les articles qui y répondent.

  3. La réponse

    Citée avec son article, ou confiée à une personne si rien ne répond.

  4. Le relevé

    Chaque question sans réponse est notée, avec sa date.

  5. L’article

    Le responsable du sujet l’écrit ou le corrige, et la boucle reprend.

C’est le même partage que dans notre guide sur le support : l’IA trie et prépare, l’humain relit. Ce qui touche à l’argent, un remboursement, une remise, un geste commercial, reste une décision humaine, quelle que soit la qualité de la base.

Faut-il laisser l’IA écrire la base ?

Elle aide beaucoup, à condition de rester au brouillon. HubSpot facture d’ailleurs ce service : son agent de base de connaissances, en bêta, consomme 200 crédits par article généré, soit 2 $ au tarif de 0,010 $ le crédit. Nous avons converti ces barèmes dans Crédits IA des logiciels : ce que coûte l’IA « incluse ».

Le bon usage : l’IA rédige un premier jet à partir des tickets résolus et des réponses validées par l’équipe, et le responsable du sujet relit, corrige et publie. Le mauvais : publier sans relecture. La base devient alors la source de vérité de l’assistant lui-même, et une erreur publiée revient dans chaque réponse, avec l’apparence d’une règle.

Attention

Une page périmée est plus dangereuse qu’une page absente. Sans page, l’assistant passe la main ; avec une page fausse, il répond avec assurance. Quand une règle change, l’ancienne page se corrige le jour même, ou se retire.

Par où commencer ?

Partez des questions, pas des documents. Exportez les cinquante questions les plus fréquentes de vos e-mails et de vos tickets, puis vérifiez pour chacune qu’un article y répond, selon les sept règles. Les manques et les contradictions apparaissent dès cette étape. Nommez ensuite un responsable par sujet, donnez une date à chaque article, et seulement alors branchez l’assistant.

Notre assistant IA sur vos documents, à 6 500 €, s’installe sur une base ainsi préparée : il répond avec la source citée, respecte des droits d’accès par service, et peut tourner entièrement sur un modèle hébergé chez vous. Par API, le coût de chaque réponse se mesure et se plafonne : c’est l’objet de notre pack IA au juste coût. Pour situer ce chantier parmi les autres, notre guide Intégrer l’IA en entreprise : privée et au juste coût donne la démarche d’ensemble.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une base de connaissances et une FAQ ?

Une FAQ rassemble quelques questions courantes sur une page. Une base de connaissances couvre l’ensemble des sujets, un article par question, avec ses détails, ses exceptions, sa date et son responsable. Pour une IA, la différence compte : une FAQ trop courte la pousse à compléter elle-même, alors qu’une base complète lui permet de citer une réponse validée, ou d’avouer qu’elle n’en a pas.

Quel outil choisir pour sa base de connaissances ?

L’outil compte moins que la structure. Un centre d’aide, un wiki ou de simples fichiers conviennent, s’ils permettent un article par question, une date et un responsable visibles, des niveaux d’accès, et une lecture par l’assistant, par API ou par export. Vérifiez ce dernier point avant de choisir : une base que l’IA ne peut pas lire proprement ne lui sert à rien.

L’entreprise est-elle responsable de ce que dit son chatbot ?

Dans l’affaire Air Canada, jugée en 2024 au Canada, oui : le tribunal a estimé que la compagnie répondait de toutes les informations de son site, chatbot compris. Ce n’est pas une règle française, mais la logique est la même partout : pour un client, la réponse de l’assistant est celle de l’entreprise. D’où l’intérêt d’une base exacte et de réponses qui citent leur source.

À quelle fréquence faut-il relire les articles ?

Le jour même pour tout article touché par un changement de règle, de prix ou de produit. Pour le reste, une relecture par trimestre, organisée par responsable, suffit en général. La liste des questions sans réponse donne le vrai rythme : si elle s’allonge, la base a pris du retard, et c’est elle qu’il faut traiter avant d’élargir l’assistant.

Sources

  1. Microsoft, bonnes pratiques des agents déclaratifs de Microsoft 365 Copilot (nouvel onglet)learn.microsoft.com
  2. Microsoft, modifier les sources de connaissances dans Copilot Studio (nouvel onglet)learn.microsoft.com
  3. Anthropic, réduire les hallucinations (nouvel onglet)platform.claude.com
  4. HubSpot, catalogue des produits et services (nouvel onglet)legal.hubspot.com
Source 1

Microsoft, bonnes pratiques des agents déclaratifs de Microsoft 365 Copilot

Lire sur learn.microsoft.com(nouvel onglet)
Source 2

Microsoft, modifier les sources de connaissances dans Copilot Studio

Lire sur learn.microsoft.com(nouvel onglet)
Source 3

Anthropic, réduire les hallucinations

Lire sur platform.claude.com(nouvel onglet)
Source 4

HubSpot, catalogue des produits et services

Lire sur legal.hubspot.com(nouvel onglet)

Jim · fondateur de Brain Plus AI

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