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Les salariés français utilisent l’IA, souvent sans l’avoir appris. Ils s’en servent pour écrire, chercher, résumer, parfois en cachette, et la plupart n’ont jamais reçu la moindre formation. Pendant ce temps, les entreprises achètent des outils. L’écart entre ce qu’on dépense pour l’IA et ce qu’on investit dans les personnes qui s’en servent est devenu le vrai frein.
En bref
Selon KPMG, qui vend de l’audit, du conseil et des services d’IA, et l’Université de Melbourne, qui ont interrogé plus de 48 000 personnes dans 47 pays, 24 % des Français s’estiment formés à l’IA : la France est 40e sur 47.
L’INSEE compte 53 % d’entreprises françaises freinées par un manque d’expertise parmi celles qui utilisent l’IA.
Accenture, qui vend du conseil et des services d’IA, trouve que 86 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs dépenses d’IA, mais 43 % seulement de former leurs équipes.
Une étude récente suggère qu’une forte dépendance à l’IA peut freiner l’apprentissage : former, c’est aussi apprendre quand ne pas déléguer.
Ce que disent les chiffres sur la France
L’étude de KPMG et de l’Université de Melbourne, financée par KPMG, porte sur des personnes et non sur des entreprises : plus de 48 000 répondants dans 47 pays, interrogés fin 2024 et début 2025, par panels représentatifs. Elle mesure ce que chacun dit de lui-même.
des personnes interrogées en France s’estiment formées à l’IA (40e rang sur 47 pays)
n’ont reçu aucune formation, contre 61 % dans le monde
utilisent pourtant l’IA régulièrement
Le même communiqué ajoute deux chiffres qui changent la lecture : 57 % des salariés français interrogés cachent leur usage de l’IA et présentent le contenu produit comme le leur, et 45 % ne vérifient pas l’exactitude des résultats. L’usage est là, l’apprentissage non.
La statistique publique va dans le même sens. Eurostat compte 18,44 % de Français de 16 à 74 ans qui ont utilisé l’IA générative pour leur travail en 2025 (Eurostat, isoc_ai_iaiu), et du côté des entreprises, l’INSEE relève que parmi les entreprises de 10 personnes et plus qui utilisent l’IA, 53 % sont freinées par un manque d’expertise. Ce n’est pas la technologie qui manque, ce sont les compétences pour s’en servir.
Les entreprises dépensent plus qu’elles ne forment
Les grandes enquêtes internationales font le même constat. Accenture, qui vend du conseil, de l’intégration et des services gérés d’IA, a interrogé 1 320 dirigeants et 4 560 salariés dans 12 pays, sans indiquer de seuil de taille des entreprises.
Ce que prévoient les entreprises interrogées par Accenture
PwC, qui vend de l’audit, du conseil et des services d’IA, a interrogé 49 364 salariés dans 48 pays et régions : l’usage quotidien de l’IA générative passe de 14 % à 22 % en un an, mais 51 % seulement accèdent aux formations nécessaires, contre 59 % un an plus tôt. L’usage monte, l’accès à la formation baisse.
Chez Deloitte, qui vend du conseil, de l’audit et des services d’IA, l’enquête « State of AI in the Enterprise 2026 » auprès de 3 235 dirigeants d’organisations en pointe sur l’IA place le manque de compétences en premier frein à son intégration, mais seules 53 % de ces organisations forment l’ensemble de leurs salariés.
À retenir
L’outil s’achète en un jour, la compétence se construit en semaines
Le budget d’IA augmente plus vite que le budget de formation, dans les grandes entreprises comme ailleurs. C’est là que se perd une bonne partie de la valeur attendue.
Former, mais à quoi ?
La formation à l’IA ne consiste pas à apprendre à écrire des requêtes. Une étude récente pose une question plus profonde. Dans un document de travail publié en janvier 2026, Shen et Tamkin observent que l’usage de l’IA nuit à la compréhension des concepts, à la lecture et au débogage du code, sans gain d’efficacité significatif en moyenne. C’est un document de travail, pas un article relu, et il porte sur la programmation : il ne dit pas que l’IA rend incompétent. Il dit qu’une forte dépendance peut empêcher d’apprendre ce qu’on délègue.
Ce risque n’est pas une raison de priver les équipes d’IA. C’est une raison de les former à juger. Nous avons détaillé ce débat dans L’IA rend-elle bête ? Ce que disent les études et dans Le rôle de l’humain face à l’IA : savoir juger.
Ce qu’une formation utile apprend, dans l’ordre
- Le métier
Ce qu’un bon résultat doit contenir, avant tout outil.
- L’outil
Ce qu’il fait bien, ce qu’il fait mal, ce qu’on ne lui confie pas.
- La relecture
Repérer l’erreur plausible, vérifier une source.
- La règle
Quelles données peuvent sortir, qui répond du résultat.
Les métiers ne deviennent pas inutiles : ils changent de centre de gravité. Une comptable qui relit les écritures proposées par l’IA reste comptable ; elle a besoin de son expertise pour repérer ce qui cloche. Un débutant qui ne fait plus les tâches simples doit apprendre autrement, et nous l’avons développé dans L’IA va-t-elle prendre le premier emploi des jeunes ?.
Ce que la loi demande déjà
Depuis sa réécriture par le règlement (UE) 2026/1744, entré en vigueur le 27 juillet 2026, l’article 4 du règlement européen sur l’IA demande aux entreprises qui utilisent des systèmes d’IA de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l’IA par leur personnel, sans imposer un niveau précis pour chaque personne. Ce n’est pas un examen, c’est une démarche à pouvoir montrer. Notre guide AI Act et RGPD pour une PME détaille ce que cette obligation demande.
Ce que nous en pensons
Le chiffre de 24 % ne dit pas que les Français sont en retard sur l’IA : 67 % l’utilisent déjà régulièrement. Il dit qu’ils l’utilisent seuls. Dans une équipe de 20 à 500 personnes, cela produit des usages hétérogènes, invisibles pour l’encadrement, et parfois risqués quand des données confidentielles partent dans un outil grand public.
Sur le terrain
La relecture est une compétence, un client l’a appris à ses dépens
Notre moteur SEO, qui tourne depuis le 25 août 2026, rédige des brouillons d’articles ; aucun ne paraît sans relecture humaine. Cette règle vient d’un client qui l’a appris à ses dépens : trois contenus générés et publiés sans relecture contenaient des faits inventés, et ont dû être retirés du site. Relire un texte d’IA, vérifier chaque chiffre et chaque lien, c’est un savoir-faire qui s’apprend.
Notre position est simple : former avant de déployer, et former sur les vrais dossiers de l’équipe plutôt que sur des exemples génériques. Une formation qui part du métier rassure aussi les salariés, parce qu’elle montre que leur expertise est la condition du bon usage de l’outil, pas sa victime.
Par où commencer
Commencez par savoir ce qui se fait déjà : demandez à chaque équipe quels outils elle utilise, pour quelles tâches, avec quelles données. Les usages cachés sortent quand on ne les sanctionne pas. Ensuite, choisissez deux ou trois tâches par métier et formez sur celles-là, relecture comprise. Pour encadrer les accès et les données, notre guide sur la gouvernance de l’IA en entreprise pose les règles, et notre guide Intégrer l’IA en entreprise donne la méthode d’ensemble.
Notre offre de formation à l’IA par métier part de ce principe : des ateliers sur les vrais dossiers de chaque équipe, puis un coaching de 30 jours, pour 4 900 € jusqu’à 15 participants.
Questions fréquentes
Combien de salariés français sont formés à l’IA ?
Selon l’étude de KPMG et de l’Université de Melbourne publiée en 2025, 24 % des personnes interrogées en France s’estiment formées à l’IA et 76 % n’ont reçu aucune formation. C’est une déclaration des personnes elles-mêmes, et l’effectif français n’est pas publié. La France se classe 40e sur 47 pays.
La formation à l’IA est-elle obligatoire pour les entreprises ?
L’article 4 du règlement européen sur l’IA, réécrit en 2026, demande aux entreprises qui utilisent des systèmes d’IA de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l’IA par leur personnel. Il n’impose pas de niveau précis par personne. Une formation documentée est la façon la plus simple de montrer ces mesures.
L’IA empêche-t-elle d’apprendre son métier ?
Elle peut, si l’on délègue la réflexion en même temps que la tâche. Un document de travail de 2026 observe qu’elle nuit à la compréhension et au débogage du code chez ceux qui en dépendent. La réponse n’est pas d’interdire, mais de former à relire et de garder des tâches faites à la main pendant l’apprentissage.
Par quoi commencer une formation à l’IA en entreprise ?
Par un état des lieux des usages réels, y compris cachés, puis par deux ou trois tâches concrètes par métier. Une bonne formation apprend d’abord ce qu’est un bon résultat, ensuite l’outil, puis la relecture et les règles sur les données.
Sources
- Eurostat, isoc_ai_iaiu (nouvel onglet)ec.europa.eu
- INSEE (nouvel onglet)insee.fr
- 51 % seulement accèdent aux formations nécessaires (nouvel onglet)prnewswire.com
- Premier frein à son intégration (nouvel onglet)deloitte.com
- Shen et Tamkin (nouvel onglet)arxiv.org
- Règlement (UE) 2026/1744 (nouvel onglet)eur-lex.europa.eu
Jim · fondateur de Brain Plus AI
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