Sommaire7
- 01Qui doit marquer, qui doit signaler ?
- 02Pourquoi le 2 décembre 2026 ?
- 03Que recommande le code de pratique européen ?
- 04Ce qu’un détecteur prouve, et ce qu’il ne prouve pas
- 05Ce que votre entreprise peut vérifier d’ici le 2 décembre
- 06Ce que ça change pour une équipe de 20 à 500 personnes
- 07Questions fréquentes
Une image d’illustration générée pour une campagne, une voix de synthèse dans une vidéo de formation, un visuel produit retouché par IA : depuis le 2 août 2026, ces contenus relèvent des règles de transparence de l’AI Act. Pour les outils qui existaient déjà avant cette date, l’obligation de marquage tombe le 2 décembre 2026, le même jour que deux nouvelles interdictions.
Ce guide de notre rubrique IA d’entreprise s’appuie sur le texte consolidé du règlement après sa révision de juillet 2026. Ce n’est pas un conseil juridique : pour une campagne sensible, faites valider votre cas par votre DPO ou un avocat.
En bref
Le fournisseur de l’outil génératif marque les contenus, de façon lisible par machine ; c’est à lui que s’applique le délai du 2 décembre 2026.
L’entreprise qui publie un hypertrucage, ou un texte généré qui informe le public sur une question d’intérêt général, doit le signaler, sauf relecture humaine sous responsabilité éditoriale pour le texte.
Un code de pratique européen, publié le 10 juin 2026, détaille les deux rôles et propose des icônes de signalement.
Un détecteur de filigrane indique une provenance ; une absence de filigrane ne prouve pas qu’un contenu est authentique.
Qui doit marquer, qui doit signaler ?
L’article 50 de l’AI Act répartit le travail entre deux acteurs, que nous avons définis dans notre guide de l’AI Act et du RGPD pour les PME :
Du générateur au lecteur : qui fait quoi
- Le fournisseur marque
L’outil qui génère image, vidéo, son ou texte inscrit une marque lisible par machine dans le contenu.
- Le déployeur signale
L’entreprise qui publie un hypertrucage l’indique à son public, de façon claire.
- Le public vérifie
Un outil de détection peut lire la marque et indiquer la provenance du contenu.
Pour le fournisseur, l’article 50, paragraphe 2 exige que les sorties soient « marquées dans un format lisible par machine et identifiables comme ayant été générées ou manipulées par une IA », avec des solutions aussi efficaces, interopérables et fiables que la technique le permet. L’obligation ne vise pas un outil qui ne fait qu’assister une mise en forme standard ou ne modifie pas substantiellement ce que l’utilisateur lui donne.
Pour l’entreprise qui publie, le paragraphe 4 vise deux cas :
- l’hypertrucage : une image, un son ou une vidéo générés ou manipulés qui pourraient passer pour authentiques ; pour une œuvre manifestement artistique, satirique ou fictive, il suffit d’en signaler l’existence sans gêner l’œuvre ;
- le texte publié pour informer le public sur des questions d’intérêt public : il se signale, sauf s’il a fait l’objet d’une relecture humaine et qu’une personne en assume la responsabilité éditoriale.
L’information doit être donnée « au plus tard au moment de la première interaction ou de la première exposition », et rester accessible. La question du texte, plus subtile, est traitée dans texte écrit par IA : faut-il le dire ?
Pourquoi le 2 décembre 2026 ?
La révision de l’AI Act adoptée en juillet 2026 a ajouté à l’article 111 un délai pour les outils déjà sur le marché :
- 10 juin 2026
La Commission publie le code de pratique final sur le marquage et l’étiquetage.
- 2 août 2026
Les règles de transparence de l’article 50 s’appliquent, pour les fournisseurs comme pour les déployeurs.
- 2 décembre 2026
Fin du délai de mise en conformité au marquage pour les outils génératifs mis sur le marché avant le 2 août 2026.
- 2 décembre 2026
Entrée en application de deux nouvelles interdictions, sur les images intimes générées sans consentement et les contenus pédocriminels.
Les deux interdictions du même jour visent les systèmes dont c’est la destination, ou qui produisent ces contenus de façon prévisible sans garde-fous raisonnables, selon l’article 5. Elles concernent les éditeurs d’outils plus que leurs utilisateurs, mais un usage interdit reste interdit pour tout le monde.
Que recommande le code de pratique européen ?
Le texte de loi dit quoi, le code de pratique dit comment. La Commission l’a publié le 10 juin 2026 ; il est volontaire, mais la Commission et le Comité IA l’ont jugé adéquat pour démontrer la conformité.
La page officielle du code : deux sections, fournisseurs et déployeurs, et un lien vers les icônes européennes de signalement. Capturée le 19 octobre 2026.
Sa première section demande aux fournisseurs au moins deux couches de marquage lisible par machine quand c’est nécessaire (métadonnées, filigrane ou autre technique) et un moyen de détection ouvert aux utilisateurs, aux autorités et aux médias, selon l’analyse du cabinet Jones Day. La seconde permet aux déployeurs d’utiliser l’icône européenne ou une étiquette équivalente, et une mention sonore quand une étiquette visuelle est impossible.
sections : le marquage par les fournisseurs, le signalement par les déployeurs
entreprises et organisations signataires environ, fin juillet 2026
Ce qu’un détecteur prouve, et ce qu’il ne prouve pas
Google a ouvert à tous, le 7 octobre 2026, SynthID Detector, qui cherche son filigrane dans une image, une vidéo ou un son. Selon Le Monde Informatique, il reconnaît les contenus des outils de Google et de partenaires qui utilisent la même marque, dont OpenAI, NVIDIA et Kakao, mais n’est « pas un détecteur universel » : un contenu issu d’un autre outil peut lui échapper, et un résultat reste « un indice de provenance », pas « une preuve absolue ».
Attention
L’absence de marque ne prouve pas qu’un contenu est authentique. Une retouche importante peut effacer un filigrane, et tous les outils n’utilisent pas le même. Un détecteur aide à vérifier une image reçue ; il ne remplace ni la source, ni le jugement de la personne qui publie.
Ce que votre entreprise peut vérifier d’ici le 2 décembre
- Lister vos outils génératifs.
Images, vidéos, voix, textes : y compris ceux intégrés à votre logiciel de design ou à votre CRM.
- Demander à chaque éditeur comment il marque.
Quelle technique, depuis quand, et s’il a signé le code de pratique ; la liste des signataires est publique.
- Repérer vos hypertrucages.
Un visage réaliste, une voix de personne réelle, une scène qui pourrait passer pour vraie : ceux-là se signalent.
- Écrire la règle de relecture.
Qui relit les textes générés publiés pour informer, et qui en signe la responsabilité éditoriale.
- Choisir l’étiquette.
L’icône européenne ou une mention claire, au même endroit à chaque publication.
Sur le terrain
Sur ce blog, chaque article préparé avec une IA naît en brouillon et n’est publié qu’après la relecture d’une personne qui en assume le contenu ; c’est une règle écrite de notre moteur de contenu depuis qu’un client a dû retirer des pages générées sans contrôle. Et nos couvertures, comme celle de cet article, sont dessinées en code, objet par objet, jamais générées : une décision prise le 12 octobre 2026, qui règle d’avance la question de leur marquage.
Ce que ça change pour une équipe de 20 à 500 personnes
Le gros du travail technique revient aux éditeurs d’outils. Votre part est une règle de publication : savoir quels contenus sont générés, signaler ceux qui pourraient tromper, et faire relire les autres par quelqu’un qui en répond. C’est une ligne de plus dans votre charte, dont nous proposons une base dans la gouvernance de l’IA en entreprise, et qui s’inscrit dans la démarche décrite par notre guide pour intégrer l’IA en entreprise. Le risque, lui, n’a pas attendu le règlement, comme le rappelle notre analyse sur l’IA, machine à désinformer ou remède.
Le marquage n’est qu’une des échéances. Le calendrier complet, révisé en juillet, est expliqué dans ce que l’Omnibus numérique a changé dans l’AI Act, et notre actu IA d’octobre pour les dirigeants résume le reste du mois, des conditions de Meta sur l’exploration des sites au report de la loi NIS2. Pour choisir des outils dont vous connaissez les garanties, notre offre IA au juste coût part de vos usages réels.
Questions fréquentes
Faut-il marquer une image générée par IA utilisée dans une publicité ?
Le marquage technique revient à l’outil qui l’a générée : c’est l’obligation du fournisseur. Vous devez en plus signaler l’image si c’est un hypertrucage, c’est-à-dire si elle pourrait passer pour une vraie photo d’une personne, d’un lieu ou d’un événement. Une illustration manifestement imaginaire ne relève pas de cette obligation, mais votre charte peut prévoir de la signaler.
Qu’est-ce qui change exactement le 2 décembre 2026 ?
Deux choses. Les outils génératifs mis sur le marché avant le 2 août 2026 doivent avoir mis en place le marquage lisible par machine exigé par l’article 50. Et deux interdictions entrent en application : les systèmes conçus pour générer des images intimes d’une personne sans son consentement ou des contenus pédocriminels, ou qui en produisent de façon prévisible faute de garde-fous raisonnables.
Un texte rédigé avec ChatGPT doit-il porter une mention ?
Seulement s’il est publié pour informer le public sur des questions d’intérêt général, et l’obligation tombe si le texte a été relu par une personne qui en assume la responsabilité éditoriale. Une fiche produit ou un article de blog relu et signé n’est donc pas visé. Le fournisseur de l’outil, lui, doit marquer ses textes de façon lisible par machine.
SynthID Detector peut-il prouver qu’une image est authentique ?
Non. Il détecte le filigrane de Google et de ses partenaires ; il ne voit pas les marques d’autres outils, et une retouche importante peut effacer un filigrane. Un résultat positif est un indice sérieux de provenance. Un résultat négatif ne prouve rien : il faut remonter à la source de l’image avant de la publier.
Sources
- L’article 50, paragraphe 2 (nouvel onglet)ai-act-service-desk.ec.europa.eu
- L’article 111 (nouvel onglet)ai-act-service-desk.ec.europa.eu
- L’article 5 (nouvel onglet)ai-act-service-desk.ec.europa.eu
- L’analyse du cabinet Jones Day (nouvel onglet)jonesday.com
- Le Monde Informatique (nouvel onglet)lemondeinformatique.fr
Jim · fondateur de Brain Plus AI
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