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Pendant cinq ans, la fin des cookies tiers a été annoncée, repoussée, puis abandonnée. Beaucoup d’annonceurs en ont conclu que rien n’avait changé. C’est faux dans l’autre sens : le reciblage fondé sur les cookies tiers fonctionne encore, mais sur une part de l’audience qui se réduit, et en Europe seulement avec un consentement. Cet article fait le point sur ce qui s’est passé et sur ce qui reste possible ; il complète nos guides de publicité en ligne.
En bref
Chrome garde les cookies tiers, au choix de l’utilisateur ; Safari les bloque par défaut depuis 2020.
En Europe, déposer un cookie publicitaire exige un consentement préalable, cookies tiers ou pas.
Les listes de clients (Customer Match) servent à tous pour exclure ; pour cibler, Google exige un historique et un niveau de dépense.
Le reciblage le moins cher reste souvent l’email aux contacts qui ont accepté de le recevoir.
Ce qui s’est passé
- Mars 2020
Safari bloque par défaut tous les cookies tiers.
- Été 2024
Google annonce explorer une nouvelle approche des cookies tiers dans Chrome.
- 22 avril 2025
Google renonce à une invite dédiée ; Chrome garde son réglage actuel des cookies tiers.
- 17 octobre 2025
Google retire la plupart des technologies de la Privacy Sandbox, dont Topics et Protected Audience.
Le blocage de Safari est documenté par l’équipe WebKit : depuis mars 2020, les cookies des ressources d’autres sites y sont bloqués par défaut. Côté Chrome, l’annonce du 22 avril 2025 dit que Chrome maintient son approche actuelle du choix des cookies tiers et ne déploiera pas d’invite dédiée ; la navigation privée, elle, les bloque déjà par défaut. Six mois plus tard, Google a tiré les conséquences pour les technologies qui devaient les remplacer :
Le billet du 17 octobre 2025 annonce le retrait, faute d’adoption, de Topics, Protected Audience, Attribution Reporting et d’autres technologies de la Privacy Sandbox. Capturé le 19 octobre 2026.
Selon ce billet, Google garde CHIPS, FedCM et les Private State Tokens, et poursuit un standard d’attribution interopérable avec les autres navigateurs. Le remplaçant annoncé du reciblage publicitaire dans le navigateur, Protected Audience, fait partie des retraits.
Ce que ça veut dire pour un annonceur
Trois choses à la fois :
- Le reciblage par cookies tiers marche encore, sur Chrome quand l’utilisateur ne les a pas bloqués, et pas sur Safari ni en navigation privée.
- En Europe, la question n’a jamais été seulement technique. La CNIL rappelle que la directive ePrivacy impose un consentement préalable avant de déposer ou de lire un traceur, sauf s’il est strictement nécessaire au service demandé. Un traceur publicitaire n’est pas dans ce cas, qu’il soit tiers ou non.
- Les audiences de reciblage se réduisent mécaniquement : chaque refus du bandeau, chaque visiteur sur Safari sort de la liste.
Le reciblage ne disparaît donc pas, il se concentre sur les gens qui ont dit oui. Ce sont aussi, souvent, les plus intéressés.
Ce qui reste possible
Les visiteurs qui ont consenti
Les balises de Google, Meta ou LinkedIn, posées sur votre site avec un bandeau qui fonctionne, continuent d’alimenter des audiences de visiteurs. L’enjeu devient la qualité du consentement : un bandeau clair, un refus aussi simple que l’accord, et le choix transmis aux balises. Le réglage côté Google est décrit dans notre guide des conversions hors ligne, section consentement.
Vos listes de clients
Une liste d’emails de clients ou de prospects, importée dans la régie, ne dépend d’aucun cookie. Google l’appelle ciblage par liste de clients, et ses règles posent des conditions qu’une PME doit connaître avant d’y compter :
d’historique et plus de 50 000 USD de dépenses totales sont exigés pour cibler une liste
au plus : au-delà, un membre de la liste qui n’a pas été actualisé n’est plus éligible
En dessous de ces seuils, tout compte qui respecte les règles peut quand même s’en servir en observation et en exclusion. L’exclusion est souvent l’usage le plus rentable : ne plus payer pour montrer une annonce d’acquisition à quelqu’un qui est déjà client. Les données doivent avoir été recueillies par vous, votre politique de confidentialité doit mentionner ce partage, et le consentement exigé en Europe s’applique.
Meta et LinkedIn proposent des audiences comparables à partir de listes ; pour savoir laquelle de ces régies sert vos acheteurs, voyez notre comparatif Google Ads ou Meta et notre article sur LinkedIn Ads, dont le ciblage par liste d’entreprises est un autre reciblage, sans cookie.
Le contexte plutôt que la personne
Une annonce placée selon le sujet de la page ou de la recherche ne suit personne. Sur le Réseau de Recherche, c’est le cas par défaut : la requête dit l’intention. Pour une PME B2B, une campagne de recherche bien tenue reste souvent plus lisible qu’un reciblage large ; le budget minimum qui donne un signal explique comment la démarrer étroite.
L’email aux contacts qui l’ont accepté
Le reciblage le moins cher n’achète aucun espace. Sur une boutique en ligne de peluches que nous accompagnons, l’état des lieux a trouvé 972 adresses consentantes qui n’avaient jamais été sollicitées. Avant de payer pour retrouver ces personnes sur d’autres sites, il fallait leur écrire.
Ce qui dépendait des cookies tiers
Suivre un visiteur de site en site
Des audiences larges, sans bandeau ni refus
Un ciblage d’intérêts déduit de la navigation
Ce qui repose sur vos données
Les visiteurs qui ont consenti à vos balises
Vos listes de clients et de prospects, pour cibler ou exclure
Le contexte de la recherche ou de la page
L’email aux contacts qui l’ont accepté
Mesurer sans dépendre des cookies
Si le reciblage se réduit, la mesure ne doit pas se réduire avec lui. Deux réglages évitent de piloter à l’aveugle :
- Une mesure d’audience sans cookie pour savoir ce qui se passe sur le site, refus compris. Sur Palmora Property, un site d’annonces immobilières que nous accompagnons, Matomo installé sans cookie, donc sans bannière de consentement, a demandé environ trois heures, là où l’alternative empilait GA4, un gestionnaire de consentement, le mode Consentement et un conteneur de balises.
- Les ventes remontées du CRM vers les régies, qui ne dépendent pas d’un cookie posé des semaines plus tôt : le circuit est décrit dans notre guide des conversions hors ligne.
Attention
Le reciblage gonfle facilement ses résultats
Une annonce de reciblage touche des gens qui connaissent déjà votre site, et dont une partie serait revenue sans elle. Ses conversions ne sont pas toutes des acquisitions : lisez-les à part, et comparez votre coût d’acquisition client avec et sans reciblage.
Par où commencer
- Vérifier le bandeau.
Il recueille un vrai choix et le transmet aux balises.
- Exclure les clients.
Une liste de clients en exclusion des campagnes d’acquisition, dès maintenant.
- Écrire aux contacts consentants.
Avant de payer pour les retrouver ailleurs.
- Remonter les ventes.
Pour juger le reciblage sur des clients, pas sur des retours.
Performance Max mêle reciblage et acquisition dans une seule campagne : les exclusions de clients et la lecture par canal y comptent d’autant plus. La page d’arrivée d’un visiteur qui revient mérite aussi sa propre réflexion, comme le montre notre article sur la page de destination. Et si une agence pilote vos campagnes, son mandat doit dire à qui appartiennent les listes et les audiences.
Le reste de la boîte à outils ne change pas : des mots-clés négatifs tenus à jour, des annonces générées relues, et un œil sur les annonces qui arrivent dans les réponses des IA. Pour remettre à plat le consentement, les listes et la mesure de vos campagnes, notre offre de marketing digital commence par l’état des lieux de vos données.
Questions fréquentes
Les cookies tiers vont-ils disparaître de Chrome ?
Pas selon Google : en avril 2025, l’entreprise a annoncé que Chrome garderait son approche actuelle, où l’utilisateur choisit dans ses paramètres, sans nouvelle invite. Ils restent bloqués par défaut en navigation privée, et sur Safari depuis 2020. En Europe, leur usage publicitaire demande de toute façon un consentement.
Le reciblage est-il encore possible sans cookies tiers ?
Oui. Les visiteurs qui ont consenti aux balises de la régie, les listes de clients importées et le ciblage contextuel ne dépendent pas des cookies tiers. Ils touchent moins de monde qu’un reciblage large, mais des personnes qui vous ont donné leur accord ou qui cherchent ce que vous vendez.
Peut-on cibler ses clients avec Customer Match sur un petit compte ?
Pour cibler une liste, Google exige 90 jours d’historique et plus de 50 000 USD de dépenses totales sur le compte, selon ses règles. En dessous, la liste reste utilisable en observation et en exclusion, ce qui suffit déjà à ne plus payer d’annonces d’acquisition pour vos clients actuels.
Faut-il un consentement pour le reciblage en Europe ?
Oui pour tout traceur publicitaire déposé ou lu sur l’appareil du visiteur : la CNIL rappelle que la directive ePrivacy impose un consentement préalable, sauf pour les traceurs strictement nécessaires au service. Pour une liste de clients, il faut aussi avoir recueilli les données vous-même et l’indiquer dans votre politique de confidentialité.
Sources
- WebKit, Full Third-Party Cookie Blocking and More, 24 mars 2020 (nouvel onglet)webkit.org
- Privacy Sandbox, Next steps for Privacy Sandbox and tracking protections in Chrome, 22 avril 2025 (nouvel onglet)privacysandbox.google.com
- Privacy Sandbox, Update on Plans for Privacy Sandbox Technologies, 17 octobre 2025 (nouvel onglet)privacysandbox.google.com
- CNIL, Cookies et traceurs : que dit la loi ? (nouvel onglet)cnil.fr
- Centre de règles Google Ads, règles sur le ciblage par liste de clients (nouvel onglet)support.google.com
WebKit, Full Third-Party Cookie Blocking and More, 24 mars 2020
Lire sur webkit.org(nouvel onglet)Privacy Sandbox, Next steps for Privacy Sandbox and tracking protections in Chrome, 22 avril 2025
Lire sur privacysandbox.google.com(nouvel onglet)Privacy Sandbox, Update on Plans for Privacy Sandbox Technologies, 17 octobre 2025
Lire sur privacysandbox.google.com(nouvel onglet)Centre de règles Google Ads, règles sur le ciblage par liste de clients
Lire sur support.google.com(nouvel onglet)Jim · fondateur de Brain Plus AI
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