Sommaire10
- 01Ce qu’un audit doit trouver que vous ne voyez pas
- 021. Ce qui est réellement servi aux robots
- 032. Le hreflang, sur les pages et dans les sitemaps
- 043. L’inventaire de toutes les pages, pas d’un échantillon
- 054. La performance, mesurée deux fois
- 065. La sémantique : ce que disent les pages qui doivent vendre
- 076. Les données de la Search Console
- 087. Un plan d’action classé, exploitable sans l’auditeur
- 09Ce que nous avons fait
- 10Questions fréquentes
En bref
Un audit utile part de la production : ce que le serveur et le CDN servent vraiment aux robots, pas ce que dit le dépôt.
Il inventorie toutes les pages, pas un échantillon, et mesure la performance deux fois, en conditions réelles puis dégradées.
Il lit ce que disent les pages qui doivent vendre et se recale sur les données de la Search Console.
Il se termine par un plan d’action classé par effort et par impact, que quelqu’un d’autre que l’auditeur peut exécuter.
Ce qu’un audit doit trouver que vous ne voyez pas
Un audit SEO ne sert pas à produire une note sur 100. Un outil en ligne le fait en trente secondes, et cette note dit rarement ce qui coûte du trafic. Un audit utile trouve ce que personne ne voit depuis l’interface d’administration : ce que le serveur répond vraiment, ce que le CDN ajoute sans prévenir, les pages qui existent sans que personne ne le sache, et celles qui se font concurrence.
Nous avons mené deux audits cet été, sur deux sites très différents : Palmora Property, le site d’une agence immobilière à Phuket que nous accompagnons (six langues, plus de 3 000 adresses de biens), et le site d’une agence digitale d’une vingtaine de personnes (Drupal 7, 233 adresses déclarées). Voici ce qu’un audit doit contenir, illustré par ce que ces deux-là ont trouvé.
1. Ce qui est réellement servi aux robots
Première règle : on audite la production, pas le code. Le fichier robots.txt de votre dépôt n’est pas forcément celui que lisent les robots.
Sur Palmora Property, le robots.txt du dépôt était propre. Celui servi en production commençait par un bloc que personne n’avait écrit : le « robots.txt géré » de Cloudflare, qui ajoutait Disallow: / pour GPTBot, ClaudeBot, CCBot, Google-Extended et plusieurs autres robots d’IA. Cloudflare documente ce comportement : son contenu géré est placé avant votre fichier existant, et les deux sont servis ensemble (documentation Cloudflare sur le robots.txt géré). La stratégie convenue était de rester lisible par les moteurs génératifs ; le site leur était fermé. Correction : un réglage à désactiver dans le tableau de bord, et une vérification avec curl sur l’adresse publique. Depuis, c’est le premier endroit que nous regardons quand un site disparaît des réponses d’IA.
La même passe doit couvrir :
- les statuts HTTP : une adresse inconnue doit répondre 404. Sur Palmora Property, une catégorie inexistante redirigeait en 302 vers l’accueil, un schéma que la Search Console range parmi les soft 404 ;
- les sitemaps : sur Palmora Property, le sitemap des actualités répondait 404 dès qu’aucun article n’avait moins de 48 heures, alors qu’il était déclaré dans le
robots.txt; la date de modification de l’index était régénérée à chaque requête, et les 3 048 adresses de biens n’en avaient aucune ; - les redirections : permanentes, en un seul saut, et les variantes (slash final,
.html,www) qui convergent vers une seule adresse ; - les données structurées : présentes, mais surtout justes. Palmora Property déclarait les 44 articles de son blog en
NewsArticle, y compris des guides intemporels, et la date de publication de chaque bien était la date de la dernière construction du site.
2. Le hreflang, sur les pages et dans les sitemaps
Sur un site multilingue, le hreflang est le premier suspect. Google demande que chaque version linguistique liste toutes les autres et elle-même, et ignore les annotations qui ne sont pas réciproques (documentation Google sur les versions localisées).
Sur Palmora Property, le sitemap du blog était correct : il ne listait que les langues où chaque article existait. Mais le template des pages, lui, annonçait les six langues partout. Sur un article écrit uniquement en français, les cinq autres versions annoncées répondaient 404, et la version par défaut aussi. Au total, 24 groupes d’articles étaient touchés (19 articles écrits dans une seule langue, 5 traduits en partie). Deux signaux contradictoires pour le même article : c’est le genre d’incohérence qu’un audit doit chercher en comparant le sitemap et la page, pas l’un ou l’autre.
3. L’inventaire de toutes les pages, pas d’un échantillon
Un audit qui lit neuf pages représentatives donne une bonne intuition. Il ne donne pas un plan. Sur le site de l’agence, l’audit initial a d’abord échantillonné, puis nous avons exploité le crawl complet (279 chemins, 243 pages canoniques à cette date) avec, pour chaque page, le title, la description, les titres, le nombre de mots et les liens. La photo a changé :
- 61 pages canoniques avaient un title « nu », réduit au nom de la page et de la marque, sans aucune requête ;
- 42 pages avaient un H1 absent ou multiple, la plupart à cause d’un template qui en produisait deux ;
- 21 pages faisaient moins de 500 mots, menu compris ;
- 11 meta descriptions manquaient ;
- 36 anciennes adresses, déjà canonisées vers d’autres, étaient encore liées depuis les pages du site.
Point de méthode : le nombre de mots d’un crawl compte le texte total. Sur ce site, environ 430 mots par page venaient du menu et du pied de page. Une page de services affichée à plus de 1 000 mots en comptait en réalité un peu plus de 600 qui lui étaient propres.
4. La performance, mesurée deux fois
Une mesure de performance unique trompe. Nous mesurons deux fois, avec le même outil (Lighthouse) et la même machine : en conditions réelles, puis sous contrainte (mobile milieu de gamme, réseau à 1,6 Mbit/s, 150 ms de latence, processeur ralenti).
Sur le site de l’agence, la mesure en conditions réelles était bonne : 94 à 100 sur 100, affichage principal entre 1,4 et 2,5 secondes. Sous contrainte, les scores tombaient entre 36 et 58, avec 10 à 15 secondes d’affichage. L’écart est la dette de poids du site : des pages de 2 à 8 Mo, environ 90 requêtes, près d’un mégaoctet de services tiers par page, et une vidéo de 5 Mo chargée d’office sur l’une des pages les plus liées. Le serveur, lui, répondait en 160 à 430 ms : ce n’était pas lui le problème.
Sur Palmora Property, la mesure mobile donnait un score de 66 et un affichage principal à 10,1 secondes sur l’accueil, avec une cause déjà connue (le service de transformation d’images qui ne répondait plus, faute de quota).
Ce qui compte, c’est que la mesure soit rejouable à l’identique après les corrections. Sinon, on compare deux méthodes au lieu de deux états.
5. La sémantique : ce que disent les pages qui doivent vendre
L’audit technique dit si les pages sont lisibles. Il faut aussi lire ce qu’elles disent. Sur le site de l’agence, la lecture des pages de services a montré :
- des H1 réduits à un mot (« SEO », « WEB DESIGN »), sans requête ni promesse ;
- des pages de services jamais réécrites depuis 2019 d’après les archives du web, dont une citait encore des chiffres de 2016 ;
- un argument commercial clé rédigé noir sur blanc, mais sur la mauvaise page, dans un paragraphe enfoui ;
- plusieurs intentions servies par deux ou trois pages en concurrence : deux pages de services sur le même produit, deux articles sur la même loi, deux articles sur la même question réglementaire ;
- un tunnel de conversion fragile : la page de demande de devis, cible du bouton principal du site, était une application invisible sans JavaScript, avec pour meta description la phrase par défaut de l’outil qui l’avait générée.
C’est là que l’étude de mots-clés trouve sa place : relier chaque requête visée à une page existante ou à créer, et repérer les cas où le contenu « à créer » existe déjà sous une autre adresse. Sur ce site, deux guides annoncés comme à écrire existaient déjà, en 1 800 et 2 700 mots. L’action passait de la création à la fusion.
6. Les données de la Search Console
Un audit fait sans la Search Console dit où aller, pas où l’on est. Nous l’écrivons tel quel dans nos rapports : le premier volet de l’audit de l’agence a été fait sans accès, puis recalé dès que les données sont arrivées, sur seize mois. C’est ce recalage qui a produit la liste des pages qui portent le trafic, celles qu’aucune décision ne doit casser, et les pages qui reçoivent beaucoup d’impressions sans clics.
Si votre prestataire ne vous demande pas cet accès, il audite un site hypothétique.
7. Un plan d’action classé, exploitable sans l’auditeur
Le livrable final n’est pas une liste de 126 constats. C’est un plan d’action ordonné, avec pour chaque ligne l’effort et l’impact. Sur Palmora Property, le plan commençait par un réglage de quinze minutes dans Cloudflare, qui avait le plus d’effet, avant des chantiers de plusieurs jours. Les corrections du robots.txt, du hreflang, des soft 404 et du sitemap des actualités ont été faites dans la foulée de l’audit.
Un bon plan d’action doit aussi pouvoir être exécuté par quelqu’un d’autre que l’auditeur : chaque constat dit où il se trouve (fichier, ligne, adresse), comment le vérifier, et comment savoir qu’il est corrigé.
Ce que nous avons fait
Nos audits suivent cette trame, dans cet ordre : production avant code, inventaire complet avant échantillon, mesure rejouable avant opinion, Search Console avant priorisation. C’est le contenu de notre audit SEO, facturé 1 500 € au forfait, en deux semaines. Quand l’audit précède une refonte, il établit la liste des pages à protéger pour la migration sans perte de référencement. Et quand il débouche sur un accompagnement, c’est le rôle de notre moteur SEO et GEO. Pour juger un accompagnement de ce type, avant de signer comme après, voyez ce qu’une agence SEO IA doit vraiment livrer.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un audit SEO technique et un audit de contenu ?
L’audit technique vérifie que les pages sont accessibles, lisibles et correctement signalées aux moteurs. L’audit de contenu vérifie ce qu’elles disent et à quelles requêtes elles répondent. Les deux se font ensemble : une page parfaite techniquement qui se cannibalise avec une autre ne rankera pas mieux.
Un audit automatique gratuit suffit-il ?
Il trouve les défauts visibles sur une page. Il ne trouve pas un robots.txt modifié par le CDN, un hreflang contradictoire entre sitemap et page, ou deux pages qui se disputent la même requête. C’est un bon point de départ pour repérer les erreurs évidentes, pas une base pour décider d’une refonte.
Faut-il auditer avant une refonte ?
Oui, toujours avant. Après, l’historique de trafic qui permettait de savoir quelles pages protéger a peut-être déjà été perdu. L’audit établit la liste des pages qui portent le trafic, avec leurs requêtes et leurs liens entrants : c’est elle qui sert de plan de redirections et de recette le jour de la mise en ligne.
Sources
- Documentation Cloudflare sur le robots.txt géré (nouvel onglet)developers.cloudflare.com
- Documentation Google sur les versions localisées (nouvel onglet)developers.google.com
Documentation Cloudflare sur le robots.txt géré
Lire sur developers.cloudflare.com(nouvel onglet)Documentation Google sur les versions localisées
Lire sur developers.google.com(nouvel onglet)Jim · fondateur de Brain Plus AI
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