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Le 6 octobre 2026, nous avons retiré Google Analytics de notre propre site. Pas par militantisme : en regardant ce que nous en faisions vraiment, nous avons constaté que nous payions cher, en vitesse et en confort de visite, des fonctions que nous n’utilisions pas.
Un post circule beaucoup en ce moment sur ce sujet, et il a raison sur le fond : pour la plupart des sites, Google Analytics est devenu un outil trop gros. Voici les raisons de partir, les alternatives sérieuses, et ce que nous avons choisi, avec ce que nous y avons perdu.
Trois raisons de partir
Le poids. La balise de Google Analytics 4, souvent chargée avec Tag Manager, pèse plusieurs dizaines de Ko de JavaScript à télécharger et à exécuter. Les alternatives tiennent en quelques Ko. Sur un site rapide, c’est souvent le fichier le plus lourd de la page, et il ne sert pas le visiteur. Nos efforts pour tenir 100 sur PageSpeed Insights nous l’ont rappelé à chaque mesure.
La confidentialité. GA4 pose des cookies et sert aussi l’écosystème publicitaire de Google. Il faut donc un bandeau, et chaque visiteur qui clique sur « Refuser » disparaît de vos statistiques. Vous mesurez une partie de votre trafic, celle qui accepte, en croyant mesurer tout le monde. La CNIL exempte de consentement les outils de mesure d’audience qui respectent des conditions strictes : finalité limitée à la mesure, statistiques anonymes, aucun recoupement avec d’autres données, aucun suivi d’un site à l’autre, selon ses règles sur la mesure d’audience. Un outil sans cookie bien configuré entre dans ce cadre, et le bandeau disparaît pour la mesure.
La souveraineté. En février 2022, la CNIL a jugé contraire au RGPD l’usage de Google Analytics par un site français, à cause des transferts de données vers les États-Unis. Depuis, l’Union européenne a adopté en juillet 2023 un nouveau cadre de transfert avec les États-Unis, le Data Privacy Framework, qui rend ces transferts à nouveau possibles. Mais c’est le troisième cadre du genre : les deux précédents ont été annulés par la Cour de justice de l’Union européenne. Garder ses statistiques en Europe, sur un outil qu’on maîtrise, évite de dépendre du prochain revirement.
Il y a un argument de fond derrière les trois : GA4 est d’abord conçu pour servir la publicité, ses audiences, ses conversions, son reciblage. Si vous voulez comprendre votre site, pas alimenter une régie, vous portez une machine dont vous n’utilisez qu’une petite partie.
Les alternatives sérieuses
- Umami : open source (licence MIT), sans cookie, script d’environ 2 Ko. À héberger soi-même gratuitement, ou en version cloud. Visiteurs, pages, sources, appareils, événements et campagnes UTM sur un seul écran. Pour qui : la plupart des sites vitrines, blogs et sites de services, qui veulent l’essentiel et des événements simples.
- Plausible : open source (licence AGPL), sans cookie, le script le plus léger du lot, hébergé dans l’Union européenne. Payant en version cloud, gratuit à héberger soi-même. Pour qui : les mêmes besoins qu’Umami, pour qui préfère payer un service clé en main européen.
- Matomo : open source, le plus complet, jusqu’au suivi e-commerce et aux entonnoirs. Peut fonctionner sans cookie, et c’est l’outil le plus proche de GA4. Pour qui : les boutiques en ligne et les équipes marketing qui ont vraiment besoin de l’analyse fine.
- Cloudflare Web Analytics : gratuit, sans cookie, et il mesure la vitesse ressentie par les vrais visiteurs (les Core Web Vitals). Peu d’options : pas d’événements personnalisés, données échantillonnées. Pour qui : un site déjà servi par Cloudflare, qui veut une mesure simple sans rien à maintenir.
Et GA4 dans tout ça ? Il garde une vraie avance si vous menez des campagnes Google Ads avec un suivi de conversions poussé : remontée des conversions, audiences, enchères automatiques. Dans ce cas, le bon choix est souvent de le garder pour les campagnes, bien configuré avec le mode Consentement, et de mesurer l’audience du site avec un outil plus léger à côté.
Ce que nous avons choisi, et pourquoi
Notre site est servi par Cloudflare. Nous avons donc pris Cloudflare Web Analytics : rien à installer ni à maintenir, aucun cookie, aucun bandeau, et une mesure des Core Web Vitals sur les vrais visiteurs, ce qui compte pour une agence qui vend des sites rapides. Pour l’origine des leads, nous n’avons pas besoin d’outil de statistiques : la source et la campagne de chaque visite sont notées avec le formulaire de contact et arrivent avec la demande dans notre CRM.
Ce que nous y avons perdu, honnêtement : les événements (combien de clics sur « Prendre rendez-vous », jusqu’où un article est lu), le détail par campagne et l’historique long. Et Cloudflare reste une entreprise américaine : sur la souveraineté, ce n’est qu’une demi-réponse.
C’est pourquoi l’étape suivante, pour nous comme pour les clients qui ont les mêmes besoins, est d’ajouter Umami hébergé sur notre propre serveur : les événements et les conversions, avec des données qui ne sortent pas de chez nous, pour un coût d’hébergement quasi nul. Cloudflare garde la mesure de la vitesse.
Comment choisir pour votre site
- Listez les trois questions que vous posez vraiment à vos statistiques.
Le plus souvent : combien de visiteurs, d’où ils viennent, quelles pages les font nous contacter.
- Regardez si vous pilotez des campagnes Google Ads.
Si oui, GA4 reste utile pour elles, à côté d’un outil léger pour le site.
- Choisissez entre héberger et payer.
Umami ou Matomo sur votre serveur, ou Plausible clé en main.
- Faites tourner l’ancien et le nouvel outil en parallèle un mois.
Les chiffres ne seront pas identiques, puisque le nouveau compte aussi les visiteurs qui refusaient les cookies.
- Retirez GA4, puis le bandeau s’il ne sert plus à rien d’autre.
Vérifiez qu’aucun autre service (vidéo, publicité, chat) ne pose encore de cookie.
Le dernier point est celui qu’on oublie : retirer GA4 ne supprime pas le bandeau si une vidéo YouTube classique ou un pixel publicitaire pose encore ses cookies. Sur notre site, les vidéos passent par la version sans cookie du lecteur.
Sources
- CNIL : conditions d’exemption de consentement pour la mesure d’audience (nouvel onglet)cnil.fr
- CNIL : Google Analytics et transferts de données vers les États-Unis (nouvel onglet)cnil.fr
- Commission européenne : décision d’adéquation du Data Privacy Framework (nouvel onglet)ec.europa.eu
CNIL : conditions d’exemption de consentement pour la mesure d’audience
Lire sur cnil.fr(nouvel onglet)CNIL : Google Analytics et transferts de données vers les États-Unis
Lire sur cnil.fr(nouvel onglet)Commission européenne : décision d’adéquation du Data Privacy Framework
Lire sur ec.europa.eu(nouvel onglet)Jim · fondateur de Brain Plus AI
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