Sommaire9
- 01Pourquoi trier avant de dessiner
- 02L’inventaire : les données qui décident
- 03Garder : ce qui rapporte, même un peu
- 04Fusionner : deux pages pour la même question
- 05Supprimer : proprement, ou pas du tout
- 06Ce que les données ont appris sur le terrain
- 07Après la mise en ligne
- 08Ce que la refonte permet de changer
- 09Questions fréquentes
Une refonte commence presque toujours par la maquette. C’est logique, c’est ce qui se voit. C’est aussi ce qui fait perdre du trafic : quand l’arborescence est dessinée avant que l’on sache quelles pages rapportent, des pages qui recevaient des visites depuis des années disparaissent sans que personne ne l’ait décidé. Le tri de l’existant se fait avant le premier écran, et il se fait sur des données. C’est la première étape de toute migration vers un site statique, et elle vaut pour n’importe quelle technologie.
En bref
Chaque page de l’ancien site reçoit l’une de trois décisions : garder, fusionner ou supprimer.
La décision se prend sur des données : visites venues des moteurs, liens entrants, demandes ou ventes.
Une page supprimée qui a un remplaçant est redirigée vers lui ; sans remplaçant, elle répond « disparue », jamais par une redirection vers l’accueil.
Les redirections se posent avant la mise en ligne, et restent en place au moins un an.
Pourquoi trier avant de dessiner
Google le résume dans sa documentation sur les déménagements de site : il est important de faire correspondre les anciennes adresses aux nouvelles. Cette table de correspondance n’existe que si chaque ancienne page a reçu une décision. Sans elle, la refonte fabrique des pages introuvables, et les visiteurs qui arrivent par un lien ancien ou un favori tombent sur une erreur.
Le tri sert aussi le projet lui-même. Une page qu’on décide de supprimer n’est ni réécrite, ni maquettée, ni traduite : c’est du budget qui part ailleurs. Notre article sur le coût d’un site d’entreprise montre combien la reprise de l’existant pèse dans un devis.
L’inventaire : les données qui décident
Du site actuel à la table de correspondance
- Inventorier
Toutes les adresses, crawlées et lues dans le plan du site réellement servi.
- Mesurer
Visites venues des moteurs, liens entrants, demandes ou ventes, page par page.
- Décider
Garder, fusionner ou supprimer, avec la raison écrite à côté.
- Rediriger
La table ancienne adresse, nouvelle adresse, posée avant la mise en ligne.
Trois sources suffisent pour la plupart des sites : un crawl de l’ancien site, la Search Console sur seize mois (le maximum qu’elle conserve, pour voir une saison entière), et vos outils de mesure ou votre CRM pour savoir quelles pages amènent des demandes. Les liens entrants s’ajoutent pour les pages anciennes, qui en ont souvent plus qu’on ne croit.
Garder : ce qui rapporte, même un peu
Une page qui reçoit des visites venues des moteurs, des liens d’autres sites ou des demandes est gardée. Si possible à la même adresse : c’est la solution la plus sûre, parce qu’elle n’a rien à rediriger. Si la nouvelle arborescence impose une autre adresse, la redirection permanente vers la nouvelle page transmet le visiteur et le signal.
Garder ne veut pas dire garder telle quelle. La refonte est le moment de vérifier qu’une page qui rapporte s’affiche vite sur mobile (voir les Core Web Vitals expliqués à un dirigeant) et qu’elle reste utilisable au clavier ou avec un lecteur d’écran (voir ce que l’obligation européenne d’accessibilité change).
Fusionner : deux pages pour la même question
Après dix ans, un site a souvent plusieurs pages qui répondent à la même question : deux articles écrits à cinq ans d’écart, une page d’offre et une page d’actualité sur le même sujet. Elles se partagent les visites et se concurrencent dans les résultats. Lors d’un audit de patrimoine éditorial, nous avons ainsi conclu à 11 fusions sur 63 articles, dont quatre qui se disputaient la même intention.
La fusion garde le meilleur de chaque page dans une seule, et redirige les autres vers elle. Google l’admet explicitement dans la même documentation : rediriger plusieurs anciennes adresses vers une seule nouvelle page est acceptable quand leur contenu y a été regroupé.
Supprimer : proprement, ou pas du tout
Une page sans visites, sans liens et sans demandes, ou dont le contenu est devenu faux, peut partir. Encore faut-il qu’elle parte proprement.
Ne redirigez pas de nombreuses anciennes adresses vers une seule destination sans rapport, comme la page d’accueil du nouveau site. Cela peut dérouter les utilisateurs et être traité comme une erreur 404 déguisée.
Deux réponses sont donc possibles. Si une page remplace celle qui part, une redirection permanente y mène. Sinon, l’adresse répond qu’elle n’existe plus : selon Google, toutes les erreurs de la famille 4xx (404, 410), sauf la 429, sont traitées de la même façon, et l’adresse finit par sortir de l’index. La 410, qui dit « disparue pour de bon », reste plus claire pour qui lit vos journaux.
Sur ce site, nous avons fait les deux : la page des tarifs, supprimée en septembre 2026, redirige vers la page qui regroupe nos offres, qui l’a remplacée ; trois pages fantômes, sans contenu ni remplaçant, répondent 410 depuis août 2026.
Ce que les données ont appris sur le terrain
Sur le terrain
Une purge « évidente » n’est pas toujours la bonne
Sur une boutique en ligne que nous accompagnons, 449 des 684 références n’avaient enregistré aucune vente. Les retirer toutes paraissait évident ; croisées avec la Search Console, beaucoup recevaient pourtant du trafic, et la purge aurait sacrifié 1 229 clics. Seules 130 références étaient mortes des deux côtés.
Les deux autres leçons viennent de catalogues qui bougent. Palmora Property, un portail d’annonces immobilières dont les annonces changent chaque jour, l’a appris à ses dépens : ses pages en erreur 404 sont passées de 3 à 429 en deux mois, et 140 pages de remplacement ont dû être reconstituées à partir de l’historique du dépôt. Sur une boutique en ligne de peluches que nous remettons d’aplomb, la règle est devenue : poser la redirection avant de retirer la page, jamais après. 172 dépublications y ont été faites ainsi. Et une redirection se vérifie avec le bon outil : sur la même boutique, un premier contrôle a compté 516 redirections temporaires qui étaient en réalité permanentes, parce que Shopify ne répond pas de la même façon selon le programme qui l’interroge.
Après la mise en ligne
La table de correspondance ne s’archive pas le jour de la bascule. Google recommande de garder les redirections aussi longtemps que possible, en général au moins un an, et prévient que la visibilité peut fluctuer temporairement pendant un déménagement. Trois gestes suivent :
- Mettre à jour les liens internes vers les nouvelles adresses, pour ne pas faire passer chaque visiteur par une redirection.
- Surveiller la Search Console dans les semaines qui suivent : pages en erreur, pages exclues, requêtes qui décrochent.
- Vérifier les règles sur l’hébergement réel : l’ordre entre redirections et fichiers n’est pas le même partout, comme le montre notre comparatif d’hébergement d’un site statique.
Ce que la refonte permet de changer
Une refonte est aussi le moment de changer ce qui coûte : sortir d’un WordPress qui se fait pirater, reconstruire formulaires et recherche sur des services dédiés, ou donner un éditeur à une équipe qui publie souvent avec un site headless Astro et Sanity. Les pages réécrites avec l’aide d’une IA se relisent comme les autres, et la question de le dire se pose page par page.
Notre migration vers un site statique commence par cet inventaire : chaque adresse reçoit une décision, la table de redirections est posée et vérifiée avant la bascule, puis la Search Console est surveillée pendant quatorze jours. Pour un site plus petit, sans historique à reprendre, le site vitrine part directement de vos offres.
Questions fréquentes
Faut-il garder les mêmes adresses lors d’une refonte ?
Quand c’est possible, oui : une page qui garde son adresse n’a rien à rediriger et ne perd rien. Quand la nouvelle arborescence impose de nouvelles adresses, chaque ancienne page qui reçoit des visites ou des liens est redirigée vers la page qui la remplace, une par une, jamais en bloc vers l’accueil.
Combien de temps garder les redirections ?
Google recommande de les garder aussi longtemps que possible, en général au moins un an. Dans les faits, une redirection ne coûte presque rien à maintenir : la garder plus longtemps protège les liens anciens et les favoris. Mettez en revanche à jour vos propres liens internes vers les nouvelles adresses.
Une page supprimée doit-elle répondre 404 ou 410 ?
Pour Google, les deux sont traités de la même façon : l’adresse finit par sortir de l’index. La 410 dit plus clairement que la page est partie pour de bon, ce qui aide à lire les journaux. L’essentiel est ailleurs : ne pas rediriger vers l’accueil une page qui n’a pas de remplaçant.
Peut-on supprimer les vieux articles du blog ?
Ceux qui ne reçoivent ni visites, ni liens, ni demandes, et dont le contenu n’est plus juste, oui. Les autres se mettent à jour ou se fusionnent avec un article plus récent sur le même sujet. Regardez seize mois de Search Console avant de décider : un article peut ne servir qu’une saison.
Sources
- Google Search Central, déplacer un site avec changement d’URL (nouvel onglet)developers.google.com
- Google Search Central, codes d’état HTTP (nouvel onglet)developers.google.com
Google Search Central, déplacer un site avec changement d’URL
Lire sur developers.google.com(nouvel onglet)Jim · fondateur de Brain Plus AI
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