Traduction et nouveaux marchés 8 min

Traduire un site : le coût au mot, à la page, au marché

Traduire un site se paie de trois façons : à la page ou au mot quand une personne traduit ou relit, au caractère quand une machine traduit, et au marché quand on additionne tout ce qu'une langue ouverte demande ensuite (relecture, mots-clés, formulaires, support, mises à jour). C'est ce dernier total qui dit si une langue est rentable.

Sommaire6
  1. 01À la page ou au mot : ce que paie une traduction humaine
  2. 02Au caractère : ce que coûte la traduction automatique
  3. 03Au marché : le coût qui décide
  4. 04Ce qui fait varier un devis de traduction
  5. 05Par où commencer
  6. 06Questions fréquentes

En bref

  • Une traduction humaine se paie à la page ou au mot ; plus le texte doit être publiable, plus le prix s’en rapproche, même en partant d’une traduction automatique.

  • La traduction automatique se paie au caractère ou au jeton, et sa facture reste faible à l’échelle d’un site, quel que soit l’outil.

  • Le coût qui décide est celui du marché : traduction, relecture, recherche dans la langue, service client et mises à jour, sur un an.

« Combien coûte la traduction de notre site ? » La question appelle un chiffre, et chaque prestataire en donne un, compté à sa façon : au mot, à la page, au caractère, au forfait. Les devis deviennent impossibles à comparer, et surtout, aucun ne dit ce que coûtera la langue une fois ouverte, quand il faudra la tenir à jour et répondre aux clients qui la parlent.

Cet article remet les trois façons de compter côte à côte, avec des prix publics, puis ajoute ce que les devis oublient. Il complète nos articles sur la traduction de site et l’ouverture de nouveaux marchés.

À la page ou au mot : ce que paie une traduction humaine

Une traduction faite ou relue par une personne se facture au volume de texte source : au mot, le plus souvent, ou à la page. Les tarifs du marché varient beaucoup selon la langue, le domaine et le délai, et peu de grilles sont publiées. Il en existe une qui a l’avantage d’être officielle et détaillée : celle du Centre de traduction des organes de l’Union européenne, qui traduit pour les agences de l’Union et publie ses prix chaque année dans sa décision budgétaire pour 2026.

Prix par page au Centre de traduction de l’UE en 2026, délai standard

Traduction91,5 €
Post-édition complète d’une traduction automatique86 €
Révision d’une traduction63 €
Post-édition légère, texte non destiné à la publication51,5 €
Traduction automatique seule0,3 €
Source : Centre de traduction des organes de l’UE, budget 2026 adopté le 16 octobre 2025

Ce n’est pas un prix de marché : c’est la grille d’un organisme public qui facture ses clients institutionnels. Mais sa structure dit l’essentiel.

Plus le texte doit être publiable, plus le prix se rapproche d’une traduction. La post-édition complète, qui reprend une traduction automatique jusqu’à la rendre comparable à une traduction humaine, y coûte presque autant qu’une traduction. La post-édition légère coûte moins, mais le Centre la réserve aux textes qui ne sont pas destinés à être publiés. Or un site est publié, par définition.

La machine seule ne coûte presque rien. Trente centimes la page, environ trois cents fois moins qu’une traduction. L’écart ne se lit pas comme « la machine remplace le traducteur » : il mesure le travail qu’une personne fait encore pour qu’un texte soit juste, dans le bon ton, avec les bons termes.

Le délai et la forme se paient. Dans la même grille, la traduction urgente coûte 113,50 € la page, un quart de plus que le délai standard, et un format complexe ajoute 15 € par page et par langue.

Au caractère : ce que coûte la traduction automatique

Les services de traduction automatique et les modèles d’IA généralistes se facturent au volume traité, mais chacun compte à sa façon. Quatre grilles publiques, relevées le 19 octobre 2026 :

20 $

par million de caractères avec le modèle de traduction de Google Cloud Translation, au-delà de 500 000 caractères inclus chaque mois

7,49 €

par mois chez DeepL, en facturation annuelle, pour 300 000 caractères par mois et un glossaire

0,25 $ et 1,50 $

par million de jetons d’entrée et de sortie pour Gemini 3.1 Flash-Lite, un modèle que Google présente comme optimisé, entre autres, pour la traduction

0,25 $ et 2 $

par million de jetons d’entrée et de sortie pour GPT-5 mini, au tarif standard d’OpenAI

Source : Google Cloud Translation, DeepL, Gemini API et OpenAI, grilles publiques relevées le 19 octobre 2026

Les unités ne se comparent pas directement. Un jeton fait environ quatre caractères pour les modèles Gemini, selon la documentation de Google sur les jetons, chaque fournisseur découpe le texte à sa façon, et un modèle d’IA facture aussi le texte qu’il produit, ainsi que les consignes et le glossaire envoyés avec chaque lot. Le forfait DeepL cité est celui de l’application, par utilisateur ; l’accès par API a sa propre grille. Et Google propose aussi, dans Cloud Translation, un modèle de traduction de type LLM facturé 10 $ par million de caractères en entrée et 10 $ en sortie.

Ce que ces grilles disent ensemble : à l’échelle d’un site, la facture de la machine reste faible, quel que soit l’outil. Elles ne disent rien de la qualité sur vos textes, qui se mesure à part. Nous comparons les outils, sans favori, dans DeepL, Google ou un LLM : qui traduit le mieux un texte métier.

Au marché : le coût qui décide

Le prix d’une traduction n’est que la première ligne. Une langue ouverte est un marché à servir, et c’est l’addition de tout ce qu’il demande qui décide s’il est rentable.

  1. La traduction initiale.

    Les pages, mais aussi les menus, les boutons, les formulaires, les e-mails automatiques et les balises de titre.

  2. La relecture.

    En entier pour les pages qui engagent l’entreprise (offres, prix, conditions), sur gabarit et échantillon pour les pages répétitives : nous détaillons ce partage dans traduire son site avec l’IA, automatique ou relue.

  3. La recherche dans la langue.

    Les mots-clés ne se traduisent pas, ils se cherchent sur place, et les adresses comme les balises hreflang se posent une fois pour toutes : voir les erreurs hreflang qui coûtent cher.

  4. L’adaptation au pays.

    Prix, formats, moyens de paiement, preuves locales : c’est l’objet de localiser plutôt que traduire.

  5. Le service dans la langue.

    Quelqu’un répond aux demandes, aux devis et aux réclamations qui arrivent dans cette langue.

  6. Les mises à jour.

    Chaque page modifiée repart en traduction et en relecture, pour toute la vie du site.

La dernière ligne est celle qui pèse le plus sur la durée, et c’est la seule qu’on peut réduire structurellement : une mémoire de traduction ne renvoie en traduction que ce qui a changé, et un glossaire de marque évite de payer deux fois la correction d’un même terme.

Sur le terrain

Sur Palmora Property, un site d’annonces immobilières en six langues que nous opérons, le changement de fournisseur de traduction a divisé par 60 le coût du pipeline, et 95 % des segments sortent du cache après le premier passage, sans rappeler l’IA. L’allemand y a été ouvert par le blog seul d’abord : 1 092 clés de contenu en parité avec les autres langues, 24 articles, 2 009 adresses, un test de la demande avant de traduire le reste. Ces chiffres valent pour ce site : la part reprise du cache dépend de ce qui change d’une mise à jour à l’autre.

Ce qui fait varier un devis de traduction

À volume égal, deux devis peuvent beaucoup s’écarter. Les facteurs qui expliquent l’écart :

  • La langue. Une langue rare, ou hors de l’Union, coûte plus cher : le Centre de traduction ajoute 10 € par page pour une langue autre que celles de l’Union.
  • Le domaine. Un texte juridique, médical ou technique demande un traducteur du domaine, et sa responsabilité se paie.
  • Les répétitions. Un catalogue où les mêmes phrases reviennent coûte moins cher avec une mémoire : demandez comment le devis traite les segments déjà traduits. Pour un catalogue, voir traduire ses fiches produit pour l’export.
  • Le format. Un texte livré dans un tableur ou un fichier d’export se traduit plus vite qu’un texte à extraire de pages ou de PDF.
  • Le délai. L’urgence se paie, partout.
  • Le niveau de relecture. Une relecture complète, une relecture sur échantillon ou aucune relecture ne donnent ni le même prix ni le même risque.

À retenir

La bonne question n’est pas « combien coûte la traduction »

C’est « combien coûte une langue ouverte pendant un an », traduction, relecture, recherche, service et mises à jour compris. Un marché qui ne couvre pas ce total ne devient pas rentable avec une traduction moins chère.

Par où commencer

Faites le compte d’une seule langue, celle de votre premier marché, et vérifiez d’abord qu’il existe une demande : notre méthode pour choisir ses marchés avant de traduire part des recherches déjà visibles dans la Search Console. Pour une boutique, l’ordre des chantiers est détaillé dans boutique multilingue et multidevise : par où commencer.

Pour chiffrer une langue complète, traduction, relecture et maintenance comprises, décrivez-nous votre site et le marché visé : nous partons du volume réel de vos pages et de ce qui change chaque mois.

Questions fréquentes

Combien coûte la traduction d’une page web ?

Il n’y a pas de prix unique : il dépend de la longueur de la page, de la langue, du domaine et du niveau de relecture. Comme repère public, le Centre de traduction de l’Union européenne facture 91,50 € la page traduite en délai standard en 2026. Les prestataires du marché pratiquent leurs propres tarifs, au mot le plus souvent : comparez-les à volume et à relecture égaux.

La traduction automatique suffit-elle pour un site ?

Pour comprendre un texte, souvent ; pour le publier, rarement sans relecture. Le coût de la machine est faible, mais une erreur sur une page qui engage l’entreprise coûte plus cher que sa relecture. Le bon partage se fait page par page : relecture complète de ce qui engage, contrôle sur échantillon de ce qui se répète.

Pourquoi une mise à jour coûte-t-elle moins cher qu’une première traduction ?

Parce qu’avec une mémoire de traduction, seules les phrases nouvelles ou modifiées repartent en traduction. Sans mémoire, chaque mise à jour peut être retraduite en entier, ou demander à quelqu’un de repérer à la main ce qui a changé. Demandez au prestataire comment il facture les phrases déjà traduites.

Faut-il encore un traducteur si l’on utilise l’IA ?

Oui. L’IA produit un premier jet rapide et peu coûteux ; un traducteur ou un relecteur qui maîtrise la langue reste nécessaire pour les pages qui vendent ou qui engagent, pour fixer les termes du métier et pour juger le ton. Son travail se déplace vers la relecture, la terminologie et le contrôle, il ne disparaît pas.

Sources

  1. Centre de traduction des organes de l’UE, budget 2026 (prix applicables) (nouvel onglet)cdt.europa.eu
  2. Google Cloud, tarifs de Cloud Translation (nouvel onglet)cloud.google.com
  3. DeepL, forfaits Traducteur (nouvel onglet)deepl.com
  4. Google, tarifs de la Gemini API (nouvel onglet)ai.google.dev
  5. OpenAI, tarifs de l’API (nouvel onglet)developers.openai.com
  6. Google, comprendre et compter les jetons (nouvel onglet)ai.google.dev
Source 1

Centre de traduction des organes de l’UE, budget 2026 (prix applicables)

Lire sur cdt.europa.eu(nouvel onglet)
Source 2

Google Cloud, tarifs de Cloud Translation

Lire sur cloud.google.com(nouvel onglet)
Source 3

DeepL, forfaits Traducteur

Lire sur deepl.com(nouvel onglet)
Source 4

Google, tarifs de la Gemini API

Lire sur ai.google.dev(nouvel onglet)
Source 5

OpenAI, tarifs de l’API

Lire sur developers.openai.com(nouvel onglet)
Source 6

Google, comprendre et compter les jetons

Lire sur ai.google.dev(nouvel onglet)

Jim · fondateur de Brain Plus AI

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