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Traduction et nouveaux marchés 7 min

Mémoire de traduction : ce que l'entreprise y gagne

Une mémoire de traduction range chaque phrase déjà traduite avec sa traduction : à la mise à jour suivante, seules les phrases nouvelles ou modifiées repartent en traduction. Pour une entreprise, elle évite de payer deux fois le même texte et garde les mêmes formulations d'une page à l'autre. Exigez qu'elle vous appartienne et s'exporte.

Une mémoire de traduction est la base où chaque phrase traduite d’un site est rangée avec sa traduction, langue par langue. Pour une entreprise qui publie en plusieurs langues, elle décide de deux choses : ce que coûte chaque mise à jour, et qui garde le travail déjà payé. Cet article la regarde du côté de l’entreprise, pas du traducteur ; il complète nos articles sur la traduction de site et l’ouverture de nouveaux marchés.

Qu’est-ce qu’une mémoire de traduction ?

La mémoire découpe le texte en segments : une phrase, un titre, le libellé d’un bouton. Chaque segment est rangé avec sa traduction dans chaque langue. Au passage suivant, le texte est de nouveau découpé, et chaque segment est cherché dans la mémoire : s’il y est, sa traduction est reprise telle quelle ; sinon, il part en traduction, puis rejoint la mémoire.

Reste à décider ce que veut dire « déjà traduit ». Deux réglages coexistent :

  • La correspondance exacte. Chaque segment reçoit une empreinte calculée sur son texte. Une virgule de plus change l’empreinte, et le segment repart en traduction. C’est le principe de notre propre pipeline : seuls les segments nouveaux ou modifiés partent en traduction.
  • La correspondance approchée. Un segment est repris s’il ressemble assez à un segment connu. Selon la documentation de DeepL sur ses mémoires de traduction, un segment stocké s’applique par défaut dès qu’il correspond à au moins 75 % du texte source, ce qui rattrape les fautes de frappe et les petites variantes. Le seuil descend jusqu’à 50 ; à 100, seules les correspondances exactes comptent.

Sur un site, préférez la correspondance exacte, ou un seuil proche de 100. Une phrase qui ne change que d’un chiffre ou d’une négation ressemble beaucoup à l’ancienne : avec un seuil bas, elle risque de recevoir l’ancienne traduction, alors que c’est justement le mot changé qui compte.

Que gagne l’entreprise à chaque mise à jour ?

Un site vit : une page s’ajoute, un prix change. La mémoire change ce que coûte chacun de ces gestes, de trois façons.

Elle ne fait payer que ce qui a changé. Sans mémoire, une mise à jour retraduit la page entière, ou demande à quelqu’un de repérer à la main ce qui a bougé. Avec elle, seuls les segments nouveaux ou modifiés repartent. Sur Palmora, un site d’annonces immobilières que nous opérons, servi en six langues, le pipeline de traduction range chaque segment sous son empreinte : 95 % des segments sortent du cache après le premier passage, sans rappeler l’IA. Ce chiffre vaut pour ce site-là : la part reprise dépend de ce qui change d’une mise à jour à l’autre.

Elle garde les mêmes mots partout. Sans mémoire, rien ne garantit qu’une même phrase reçoive la même traduction sur deux pages, ni d’un passage au suivant. Avec elle, un bouton « Demander un devis » se dit de la même façon sur tout le site, et le lecteur ne se demande pas s’il s’agit de deux choses différentes.

Elle garde les corrections. Quand une personne corrige une traduction, la correction doit entrer dans la mémoire, marquée comme relue. Corrigée seulement dans la page publiée, elle risque d’être écrasée au passage suivant, si la page est reconstruite à partir de la mémoire. Corrigée dans la mémoire, elle vaut pour chaque page qui emploie la phrase.

Mémoire de traduction ou glossaire : quelle différence ?

La mémoire garde des phrases ; le glossaire fixe des mots. Dans sa documentation sur les glossaires de Cloud Translation, Google le définit comme « un dictionnaire personnalisé utilisé par l’API Cloud Translation pour traduire de manière cohérente la terminologie propre à un domaine du client ». Deux de ses exemples en disent l’usage : un nom de produit qui ne se traduit pas (Google Home reste Google Home), et un mot ambigu qu’on rattache à son métier (en anglais, « bat » désigne aussi bien une batte qu’une chauve-souris).

Le glossaire s’écrit avant le premier passage : noms de marque, termes du métier, tons à proscrire. L’ordre compte, car la mémoire enregistre fidèlement ce qu’on lui donne. Sans glossaire, un terme traduit de trois façons au premier passage est gardé de trois façons, puis resservi ainsi à chaque mise à jour.

Où vit la mémoire, et à qui appartient-elle ?

Une mémoire de traduction vit forcément quelque part : dans le logiciel du traducteur ou de l’agence, dans le compte que vous ouvrez chez un service de traduction automatique, ou dans votre propre système. Chez DeepL, par exemple, les mémoires sont rangées dans votre compte, où on les dépose depuis son interface ou par son API, et chaque demande de traduction peut en désigner une.

C’est d’abord une question de contrat. Si la mémoire reste chez le prestataire, en changer veut dire repayer des phrases déjà traduites et perdre les corrections relues. Écrivez donc au contrat qu’elle vous est livrée, avec le glossaire.

Le format d’échange s’appelle TMX. Google le décrit comme « un format XML standard qui fournit des phrases de traduction source et cible », et son API l’accepte, en version 1.4, pour charger un glossaire. DeepL exporte ses mémoires de traduction en TMX, le seul format d’export proposé en octobre 2026, et selon sa documentation n’en importe pas d’autre. Pour le glossaire, gardez le fichier source, un simple tableau : Google précise que son service ne versionne pas les glossaires, et qu’un retour en arrière demande le fichier d’origine.

Avant de confier vos traductions, posez quatre questions :

  1. La mémoire et le glossaire me sont-ils livrés, et à quel rythme ?
  2. Dans quel format : TMX pour la mémoire, un tableau pour le glossaire ?
  3. Les segments relus par une personne sont-ils distingués de ceux traduits par la machine ?
  4. Une phrase déjà traduite est-elle facturée de nouveau quand elle revient sur une autre page ?

Ce que la mémoire de traduction ne fait pas

Elle ne vérifie pas que chaque langue a toutes ses pages. C’est le rôle du contrôle de parité : chaque clé de contenu existe dans chaque langue, et aucune page n’annonce une version absente. Le pipeline de Palmora tient cette parité stricte des clés entre les langues ; ce qui arrive quand une langue manque quelque part est décrit dans nos erreurs hreflang vécues sur un site en six langues.

Elle ne corrige pas une mauvaise traduction : elle la répète. Une erreur rangée revient à chaque passage, sur chaque page où la phrase apparaît. D’où l’ordre : relire, puis ranger. Quelles pages faire relire, et à quel moment, c’est l’objet de notre méthode pour traduire un site avec l’IA.

Par où commencer

Partez de ce que vous avez déjà. Si un traducteur ou une agence a traduit votre site, demandez-lui l’export TMX de la mémoire et le glossaire. S’il n’y a ni l’un ni l’autre, écrivez d’abord le glossaire des termes qui ne se discutent pas, puis décidez où la mémoire vivra avant la prochaine mise à jour.

Pour monter une mémoire de traduction qui reste chez vous, décrivez-nous vos langues et le rythme de vos mises à jour : nous partons de ce que vous avez déjà traduit.

Questions fréquentes

La mémoire de traduction sert-elle encore avec la traduction automatique ?

Oui. Un moteur de traduction automatique, ou un modèle d’IA, traduit vite, mais rien ne garantit qu’il rende la même phrase de la même façon d’un passage à l’autre. La mémoire fixe la version retenue et relue, et évite de rappeler le moteur pour ce qui n’a pas changé. Certains services l’intègrent d’ailleurs : quand un segment correspond, DeepL reprend la traduction stockée au lieu d’en produire une nouvelle.

Faut-il tout retraduire quand on change d’outil de traduction ?

Non, si la mémoire vous appartient et s’exporte. Les segments déjà traduits et relus restent valables : seuls les nouveaux partent vers le nouvel outil, et le glossaire garde les termes alignés entre l’ancien et le nouveau. Comparez quand même les deux outils sur un échantillon de vos propres textes, langue par langue, avant de basculer. Si la mémoire reste chez l’ancien prestataire, tout repart en traduction.

Peut-on créer une mémoire de traduction à partir d’un site déjà traduit ?

Oui. Les pages déjà traduites se découpent en segments, que l’on apparie langue par langue : la phrase française avec sa version anglaise, le titre avec son titre. Ces paires se relisent avant d’entrer dans la mémoire, car une ancienne traduction peut contenir des erreurs qu’on ne veut pas resservir. Ensuite, chaque mise à jour repart de cette base au lieu de retraduire le site entier.

Une mémoire de traduction vaut-elle la peine pour un petit site ?

Oui, dès qu’il est mis à jour. Un site traduit une fois et jamais modifié n’en a pas besoin. Mais chaque correction et chaque nouvelle page posent la même question : faut-il tout retraduire, ou seulement ce qui a changé ? La mémoire y répond d’elle-même, et elle prépare le jour où vous changerez de traducteur ou d’outil.

Jim · fondateur de Brain Plus AI

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