Traduction et nouveaux marchés 9 min

Sous-titres et doublage par IA : vos vidéos à l'export

Pour vendre à l'étranger avec vos vidéos, l'IA permet de produire des sous-titres traduits pour un coût faible, puis des voix off ou un doublage dans d'autres langues. Les sous-titres se relisent comme un texte, avec glossaire et relecteur natif ; une voix clonée demande l'accord écrit de la personne et une mention claire du doublage.

Sommaire10
  1. 01Pourquoi traduire ses vidéos
  2. 02Sous-titres, voix off, doublage : trois niveaux
  3. 03Ce que les plateformes font déjà
  4. 04Le circuit d’une vidéo traduite
  5. 05Où la machine se trompe
  6. 06La voix d’une personne : accord et transparence
  7. 07Ce qui reste au traducteur et au comédien
  8. 08Faire trouver les vidéos traduites
  9. 09Par où commencer
  10. 10Questions fréquentes

Une démonstration de produit, un tutoriel, un webinaire enregistré : beaucoup d’entreprises ont déjà des vidéos qui vendent bien dans leur langue. À l’export, elles restent souvent dans un coin du site, faute de budget pour les traduire. Jusqu’à récemment, sous-titrer dans plusieurs langues demandait un prestataire par langue, et doubler une vidéo, un studio et des comédiens.

L’IA change ce calcul, sans supprimer tout effort : la transcription, la traduction et la voix s’automatisent, la relecture reste nécessaire. Cet article fait le point sur ce que chaque niveau apporte et sur ce qu’il demande. Il complète notre méthode pour traduire un site web et nos autres articles sur la traduction et les nouveaux marchés.

En bref

  • Trois niveaux, du moins cher au plus exigeant : sous-titres traduits, voix off, doublage complet.

  • Les sous-titres sont un texte comme un autre : glossaire, mémoire de traduction et relecture native s’y appliquent.

  • YouTube propose des pistes audio en plusieurs langues et un doublage automatique, qu’on peut relire avant publication.

  • Une voix clonée d’une personne réelle demande son accord écrit, et la mention claire qu’il s’agit d’un doublage.

Pourquoi traduire ses vidéos

Un client qui découvre votre produit dans une langue qu’il maîtrise mal comprend moins bien, et achète moins. L’enquête de CSA Research sur les acheteurs en ligne le mesure pour l’information produit en général :

76 %

des acheteurs en ligne préfèrent acheter des produits présentés dans leur langue

40 %

n’achètent jamais sur des sites dans une autre langue

Source : CSA Research, Can’t Read, Won’t Buy, 8 709 consommateurs dans 29 pays, juillet 2020

Une vidéo est souvent le contenu le plus convaincant d’un site : elle montre le produit en action. La laisser dans une seule langue, c’est réserver la meilleure preuve aux clients qui la parlent.

Sous-titres, voix off, doublage : trois niveaux

Sous-titres traduits

  • Le coût le plus faible, et la relecture la plus simple

  • Lisibles sans le son, utiles pour l’accessibilité

  • Le texte peut aussi servir aux moteurs de recherche

Voix off ou doublage

  • Plus naturel pour un tutoriel ou une démonstration longue

  • Le spectateur regarde l’écran au lieu de lire

  • Une voix à choisir, à relire à l’oreille et à faire accepter

Dans la plupart des cas, commencez par les sous-titres : ils coûtent peu, se corrigent facilement, et montrent quelles vidéos sont regardées dans chaque langue. Le doublage se justifie ensuite pour les vidéos les plus vues, celles où lire pendant qu’on regarde l’écran gêne la compréhension, comme un tutoriel de logiciel.

Ce que les plateformes font déjà

YouTube a intégré les deux niveaux. Son aide sur les fonctions multilingues décrit l’ajout de pistes audio dans plusieurs langues à une même vidéo ou à un Short : le spectateur entend par défaut la langue qu’il préfère, et peut en changer. Et son doublage automatique génère lui-même des pistes traduites, signalées comme doublées automatiquement dans la description.

La même aide prévient que ces doublages peuvent contenir des erreurs de prononciation, d’accent ou de traduction, et propose de les relire avant de les publier. C’est le bon réflexe, et il vaut pour tous les outils, quel que soit le modèle utilisé : la plateforme fait le travail de volume, vous gardez la décision de publier.

Le circuit d’une vidéo traduite

D’une vidéo à cinq langues

  1. La transcription

    Le texte de la langue d’origine, relu, avec les noms propres corrects.

  2. La traduction

    Les sous-titres traduits avec le glossaire de la marque.

  3. La relecture

    Un locuteur natif vérifie le sens, les termes et le rythme de lecture.

  4. La voix

    Facultative, générée ou enregistrée à partir du texte validé.

  5. La publication

    Une piste par langue, avec titre et description traduits.

L’étape trois est celle qu’on saute, et celle qui évite les erreurs visibles. Le reste suit la logique de tout contenu traduit : un glossaire de marque pour les noms de produits et les termes métier, une mémoire de traduction pour ne pas retraduire les phrases qui reviennent d’une vidéo à l’autre, et un outil choisi sur vos propres textes, selon la méthode de DeepL, Google ou un LLM : qui traduit le mieux votre métier.

Sur le terrain

Les sous-titres passent par la même chaîne que le site

Sur Palmora Property, un portail immobilier en six langues que nous opérons, la traduction passe par une chaîne réglée, avec glossaire, cache persistant et contrôle de parité entre les langues. Le changement de fournisseur y a divisé le coût par 60, et 95 % des segments sortent du cache sans rappeler l’IA. Des sous-titres sont des segments comme les autres : la même chaîne les traite.

Où la machine se trompe

  • Les noms propres et les termes métier, mal transcrits puis mal traduits : le glossaire et la relecture de la transcription règlent l’essentiel.
  • Les chiffres et les unités : un prix, une dimension, une date au mauvais format. Les règles de localiser plutôt que traduire valent aussi pour une vidéo.
  • Le rythme de lecture : un sous-titre traduit peut s’allonger et défiler trop vite. Il se raccourcit, ce qu’un relecteur fait mieux qu’un outil.
  • Le ton : une plaisanterie, une expression, une voix qui sonne faux sur un mot technique.

Pour décider où placer la relecture sans tout réécouter, appliquez la méthode de notre article sur la mesure de la qualité d’une traduction : un échantillon relu par vidéo, une relecture complète pour les vidéos qui engagent la marque. Le partage entre traduction automatique et relecture suit traduire son site avec l’IA : automatique ou relue ?.

La voix d’une personne : accord et transparence

Doubler une vidéo avec une voix de synthèse neutre ne pose pas de question particulière. Cloner la voix d’un salarié, d’un dirigeant ou d’un client, pour lui faire dire en allemand ce qu’il a dit en français, en pose deux.

L’accord. Prévoyez un accord écrit de la personne, précis sur les langues, les vidéos, la durée et ce qui se passe si elle quitte l’entreprise. Le texte et la voix passent aussi par un fournisseur : où vont-ils, combien de temps y restent-ils, servent-ils à entraîner un modèle ? Les questions à poser sont celles de traduction et RGPD : où partent vos textes traduits.

La transparence. Une voix réaliste qui fait parler une personne réelle dans une langue qu’elle n’a pas parlée peut passer pour authentique. [L’article 50 de l’AI Act](https://ai-act-service-desk.ec.europa.eu/fr/ai-act/article-50 ‘Service d’assistance de l’AI Act, article 50’) demande à celui qui publie un son ou une vidéo générés ou manipulés de ce type de le signaler ; les détails et le calendrier sont dans notre article sur le marquage des contenus générés par IA. Une mention « version doublée par IA » au début de la vidéo ou dans sa description suffit souvent, et elle évite qu’un client se sente trompé.

Attention

Ce qui ne se double pas à la légère

Un témoignage client, une prise de parole qui engage l’entreprise, une vidéo à valeur contractuelle : ce sont les vidéos où une erreur de traduction coûte le plus. Pour celles-là, sous-titres relus ou doublage validé ligne à ligne par une personne qui maîtrise la langue. Les contenus à portée juridique suivent les précautions de traduire un contrat avec l’IA : où elle s’arrête.

Ce qui reste au traducteur et au comédien

L’IA prend le volume : des dizaines de tutoriels, de réponses vidéo aux questions fréquentes, d’extraits de webinaires. Le film de marque, la publicité diffusée largement, la vidéo qui ouvre un marché gardent souvent un traducteur, un adaptateur et une voix enregistrée, parce qu’une intonation juste y fait vendre. Les deux métiers ne disparaissent pas : ils se concentrent sur les vidéos où leur travail se voit, et sur la relecture de ce que la machine a produit.

Faire trouver les vidéos traduites

Une vidéo doublée que personne ne trouve ne sert à rien. Traduisez le titre, la description et les mots-clés de chaque langue, en partant de ce que les clients du pays cherchent vraiment, et publiez la transcription sur la page du site qui accueille la vidéo, dans chaque langue. Commencez par les vidéos qui servent déjà la vente, comme on choisit quels articles d’un blog traduire d’abord. Pour un catalogue, les vidéos de démonstration accompagnent les fiches décrites dans traduire ses fiches produit pour l’export, et pour un logiciel, elles suivent les mises à jour de l’interface, comme l’explique traduire un logiciel : chaînes, contexte, mises à jour.

Le choix des langues vient avant : quel marché européen ouvrir d’abord, ce qui change au-delà de la langue sur un marché anglophone, et la place du commerce vidéo sur certains marchés, évoquée dans Chine et Asie du Sud-Est : site, paiement, plateformes. Le budget se calcule avec notre article sur le coût de la traduction d’un site, et les questions des clients étrangers que les vidéos font venir se traitent comme décrit dans traduire ses e-mails et son support client sans recruter. En interne aussi, une vidéo sous-titrée aide une équipe multilingue à travailler ensemble.

Par où commencer

Choisissez les cinq vidéos qui servent le plus la vente dans votre langue, et le premier marché étranger visé. Faites-les sous-titrer avec votre glossaire, relire par un locuteur natif, puis publiez-les et regardez lesquelles sont vues. Le doublage viendra pour celles qui le méritent. Pour mettre en place ce circuit avec vos outils et vos règles de données, décrivez-nous vos vidéos et vos marchés.

Questions fréquentes

Sous-titres ou doublage : que choisir pour l’export ?

Commencez par les sous-titres : ils coûtent peu, se relisent comme un texte et se lisent sans le son. Le doublage se justifie pour les vidéos longues ou techniques, où lire pendant qu’on regarde l’écran gêne, et pour les marchés où le public attend une version doublée. Mesurez d’abord quelles vidéos sous-titrées sont regardées, puis doublez celles-là.

Le doublage automatique de YouTube est-il fiable ?

Il fait gagner beaucoup de temps, mais YouTube prévient lui-même que les doublages peuvent contenir des erreurs de prononciation, d’accent ou de traduction. Activez la publication manuelle pour écouter chaque piste avant sa mise en ligne, au moins pour les vidéos qui présentent votre offre. Pour une vidéo qui engage la marque, faites valider la traduction par un locuteur natif.

Peut-on cloner la voix d’un salarié pour doubler une vidéo ?

Oui, avec son accord écrit et précis : quelles vidéos, quelles langues, quelle durée, et ce qui se passe s’il quitte l’entreprise. Vérifiez aussi ce que le fournisseur fait de l’enregistrement. Et signalez au public que la version est doublée par IA : une voix réaliste dans une langue que la personne n’a pas parlée peut passer pour authentique.

Faut-il signaler qu’une vidéo est doublée par IA ?

C’est recommandé dans tous les cas, et l’AI Act l’exige pour un son ou une vidéo générés qui pourraient passer pour authentiques, comme la voix clonée d’une personne réelle. Une mention dans la description ou au début de la vidéo suffit souvent. YouTube marque d’ailleurs lui-même ses doublages automatiques dans la description.

Sources

  1. Aide YouTube, fonctionnalités multilingues (nouvel onglet)support.google.com
  2. Aide YouTube, doublage automatique (nouvel onglet)support.google.com
  3. Https://ai-act-service-desk.ec.europa.eu/fr/ai-act/article-50 (nouvel onglet)ai-act-service-desk.ec.europa.eu
Source 1

Aide YouTube, fonctionnalités multilingues

Lire sur support.google.com(nouvel onglet)
Source 2

Aide YouTube, doublage automatique

Lire sur support.google.com(nouvel onglet)
Source 3

Https://ai-act-service-desk.ec.europa.eu/fr/ai-act/article-50

Lire sur ai-act-service-desk.ec.europa.eu(nouvel onglet)

Jim · fondateur de Brain Plus AI

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