Traduction et nouveaux marchés 10 min

Traduire un site web : méthode et pièges à éviter

Pour traduire un site web, donnez à chaque langue ses propres adresses, traduisez tout ce que le visiteur lit (pages, balises, menus, formulaires, e-mails, page d'erreur), fixez le vocabulaire dans un glossaire avant le premier passage, faites relire en entier les pages qui engagent l'entreprise et contrôlez chaque langue avant de la publier.

Sommaire9
  1. 01Que décider avant de traduire le premier mot ?
  2. 02Pourquoi donner une adresse à chaque langue ?
  3. 03Que faut-il traduire au-delà des pages ?
  4. 04Comment garder le même vocabulaire dans chaque langue ?
  5. 05Qui relit quoi ?
  6. 06Quels contrôles passer avant de publier une langue ?
  7. 07Que coûte un site maintenu en plusieurs langues ?
  8. 08Par où commencer ?
  9. 09Questions fréquentes

Prenez un site traduit en allemand en quelques jours. Les pages sont là, le menu aussi. Puis un visiteur remplit le formulaire de contact et reçoit sa confirmation en français, tape une mauvaise adresse et tombe sur une page d’erreur qui ne parle pas sa langue ; dans les résultats de Google, le titre de la page est resté en français. Aucune de ces erreurs n’apparaît quand on relit les pages : traduire un site, c’est traduire tout ce que le visiteur lit, à des adresses propres à chaque langue.

Ce guide rassemble les décisions à prendre, de l’adresse à la relecture ; la rubrique traduction de site détaille chacune dans un article à part.

Une précision sur notre point de vue : nous opérons Palmora Property pour un client, un site d’annonces immobilières de plus de 3 000 adresses publié en six langues (anglais, français, thaï, russe, chinois et allemand). Nous publions aussi ce site-ci, en français et en anglais. Les erreurs citées plus bas ont été trouvées sur le premier.

En bref

  • Chaque langue a ses propres adresses : la langue d’une page ne change jamais selon le navigateur ou un cookie.

  • Traduire les pages ne suffit pas : les balises, les formulaires, les e-mails automatiques et la page d’erreur font partie du site.

  • Le vocabulaire se fixe avant le premier passage, dans un glossaire, et se garde dans une mémoire de traduction.

  • La relecture se partage selon ce que chaque page engage ; le contrôle, lui, porte sur chaque langue, avant sa publication.

  • Le premier passage n’est qu’une partie du coût : chaque langue s’entretient aussi longtemps que le site vit.

Que décider avant de traduire le premier mot ?

Trois décisions se prennent avant d’ouvrir le moindre fichier de traduction, parce qu’elles coûtent cher à défaire ensuite.

Les langues, dans l’ordre. Une langue s’ouvre pour un marché où une demande existe, pas pour allonger la liste. Avant de traduire tout le site, testez la demande sur quelques pages : nous détaillons comment choisir ses marchés, et entre un domaine par pays, un sous-domaine ou un sous-répertoire.

Sur le terrain

Deux langues fermées sur ce site

Ce site a longtemps été publié en quatre langues. En juillet 2026, seize mois de Search Console comptaient 15 clics pour l’espagnol et aucun pour le chinois : nous avons décidé de ne garder que l’anglais et le français, et les pages espagnoles et chinoises redirigent désormais vers l’anglais.

La forme des adresses. Elle se décide avant que le catalogue grossisse : c’est l’objet de la section suivante.

Qui lit chaque langue. Une langue que personne ne lit en interne se publie relue, par quelqu’un de l’extérieur s’il le faut. Sinon, ses erreurs restent en ligne jusqu’à ce qu’un visiteur les signale.

Pourquoi donner une adresse à chaque langue ?

Parce que c’est ce que Google recommande, et ce qui permet à chaque version d’être trouvée :

Au lieu d’utiliser des cookies ou les paramètres de navigateur pour ajuster la langue dans laquelle s’affiche la page, nous recommandons de définir des URL distinctes pour chacune de ses versions linguistiques.

Google Search Central, sites multilingues et multirégionaux

La même page ajoute trois recommandations. Ne redirigez pas automatiquement un visiteur d’une version linguistique vers une autre. Tenez-vous à une langue par page, sans traduction côte à côte : Google déduit la langue d’une page de son contenu visible. Et proposez sur chaque page des liens vers ses autres versions, pour que chacun choisisse la sienne.

Deux balises décrivent ensuite chaque version. L’attribut lang d’abord : le W3C le demande sans détour, « Utilisez toujours un attribut de langue sur la balise html pour déclarer la langue du texte par défaut dans la page. » La langue déclarée sert à la synthèse vocale et au braille, au choix des polices et aux correcteurs d’orthographe, selon le W3C.

Les balises hreflang, ensuite, relient les versions entre elles : chaque version linguistique se référence elle-même et indique toutes les autres, dans le code de la page, dans les en-têtes HTTP ou dans le plan du site, trois méthodes équivalentes pour Google. La valeur x-default désigne la page à montrer quand aucune langue ne correspond. Nous les détaillons dans notre guide des balises hreflang et de leurs erreurs.

Reste la forme des adresses. La page de Google sur les sites multilingues accepte les termes localisés dans l’URL : /fr/a-vendre/ plutôt que /fr/for-sale/. Le choix se fait tôt. Sur Palmora Property, des articles en anglais ont gardé des adresses en français : les reprendre demanderait une redirection par page, et un contrôle de chacune, pour un gain qui ne le justifie pas.

Que faut-il traduire au-delà des pages ?

Tout ce que le visiteur lit, y compris ce qu’il ne voit pas en parcourant le site :

ÉlémentOù le visiteur le rencontre
Title et meta descriptionDans les résultats de recherche, avant même la visite
Texte alternatif des imagesLu par les lecteurs d’écran, affiché quand l’image ne charge pas
Menus, boutons, messages des formulairesÀ chaque clic, sur tout le site
E-mails automatiques (confirmation, mot de passe, relance)Dans sa boîte de réception, après le formulaire
Page d’erreurDès qu’une adresse est mauvaise
Pages légales, conditions, PDFAu moment de s’engager
Texte dans les imagesSur les bannières et les visuels
Données structuréesDans les résultats enrichis : prix, note, disponibilité

Les gabarits demandent la même attention que les pages. Un titre assemblé à partir de morceaux traduits un par un sort faux dans la langue d’arrivée : c’est ainsi qu’une page de liste de Palmora Property s’est intitulée « Villas Zu verkaufen » en allemand. Il faut un gabarit complet par langue, avec le singulier, le pluriel et l’accord avec le nombre, qui prend trois formes en russe.

Comment garder le même vocabulaire dans chaque langue ?

Le vocabulaire se fixe avant le premier passage, pas pendant la relecture :

Définition

Le glossaire

La liste des termes qui se traduisent toujours de la même façon (noms de marque, noms d’offres, termes du métier), avec la traduction retenue dans chaque langue et les mots à éviter.

Les mots-clés y entrent aussi, mais ils ne se traduisent pas : on les cherche dans chaque langue, parmi les termes que les gens du pays tapent vraiment, puis le terme choisi vaut pour toutes les pages, titres et descriptions compris.

Ensuite, une mémoire de traduction range chaque phrase validée, segment par segment : à chaque mise à jour, seul ce qui a changé repart en traduction. Sur Palmora Property, après le premier passage, 95 % des segments sont repris de la mémoire sans nouvel appel au modèle ; sur un site dont le texte change davantage, la part reprise est plus faible. Le fonctionnement et les réglages sont dans notre article sur la mémoire de traduction en entreprise.

Qui relit quoi ?

Relire demande quelqu’un qui lit la langue, et son temps est compté : il va d’abord là où une erreur coûte le plus. Les offres, les prix, les conditions et les pages qui vendent se relisent en entier, à chaque modification. Une fiche répétitive se valide sur son gabarit, relu en entier dans chaque langue, puis sur un échantillon de pages.

Ce partage a ses limites : Google juge essentiel de vérifier tout contenu généré par l’IA avant de le publier, métadonnées comprises. Un échantillon vaut pour des centaines de fiches qui se ressemblent, jamais pour une offre ou des conditions. Le détail, type de page par type de page, est dans notre comparatif entre traduction automatique et traduction relue.

Quels contrôles passer avant de publier une langue ?

Une langue s’ouvre quand elle passe six contrôles :

  1. Chaque texte existe dans chaque langue.

    Un contrôle de parité vérifie qu’aucune clé ne manque, comme celui qui tourne avant chaque construction de Palmora Property.

  2. La langue est déclarée dans chaque liste du code qui énumère les langues.

    Sur Palmora Property, l’allemand était servi sur toutes ses adresses, mais absent de plusieurs de ces listes : des pages s’affichaient vides tout en répondant 200, jusqu’à leur correction.

  3. Les balises hreflang ne pointent que vers des pages qui existent.

    Une page en noindex n’en émet aucune.

  4. Le plan du site liste chaque version.

    Seulement celles qui existent : une version annoncée et absente est une erreur.

  5. Une mauvaise adresse répond dans la langue demandée.

    Sur Palmora Property, la page 404 s’affichait en anglais quelle que soit la langue de l’adresse, jusqu’à sa correction.

  6. Les formulaires et les e-mails passent de bout en bout.

    Dans chaque langue, du clic à la confirmation reçue.

La liste de contrôle des balises elles-mêmes, en sept points, est dans le guide hreflang cité plus haut.

Que coûte un site maintenu en plusieurs langues ?

Le premier passage n’est qu’une partie de la facture. Une langue ouverte s’entretient aussi longtemps que le site vit :

Premier passage

  • Tout le texte du site, balises et e-mails compris

  • Le glossaire, écrit une fois

  • La relecture des gabarits et des pages qui engagent

  • Les contrôles, mis en place une fois

Chaque mois ensuite

  • Chaque page nouvelle ou modifiée, dans chaque langue

  • La relecture de ce qui engage, à chaque modification

  • Les contrôles, à chaque mise en ligne

  • Les demandes reçues dans la langue, à traiter

Deux leviers font baisser la seconde colonne. La mémoire de traduction, vue plus haut. Et le choix du modèle, langue par langue : sur Palmora Property, le passage de DeepL à Gemini a divisé par 60 le coût de la traduction, un rapport propre à ce site et à ses six langues. Avant d’ouvrir une langue, comptez donc la seconde colonne autant que la première.

Par où commencer ?

Par une seule langue, et d’abord les pages qui vendent : l’accueil, les offres, le formulaire de contact et ses e-mails. Fixez les adresses et le glossaire, passez les six contrôles, puis ouvrez la langue. Les fiches et les articles suivent, une fois le gabarit tenu.

Pour savoir quelles pages traduire d’abord, et dans quelle langue, envoyez-nous l’adresse de votre site et les langues que vous visez : nous partons de ce qui vend déjà dans votre langue.

Questions fréquentes

Combien coûte la traduction d’un site web ?

Le prix dépend de trois choses : le volume de texte, la part relue en entier par une personne et ce qui change ensuite, chaque mois. Un site de quelques pages qui vendent coûte surtout sa relecture ; un catalogue de milliers de fiches coûte surtout son gabarit, ses contrôles et son entretien. Le chiffrage se fait donc à partir de vos pages et des langues visées.

Faut-il traduire les adresses des pages ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est permis : Google accepte les termes localisés dans l’URL. Décidez-le avant que le catalogue grossisse, parce que changer une adresse déjà indexée demande une redirection page par page, et un contrôle de chacune. Chaque langue ouverte multiplie les adresses à reprendre si vous changez d’avis.

Google lit-il la balise hreflang pour connaître la langue d’une page ?

Non. Google le dit dans sa documentation : il n’utilise ni hreflang ni l’attribut HTML lang pour détecter la langue d’une page, il la déduit du contenu visible. Les balises hreflang lui servent à relier les versions entre elles, pour montrer à chacun celle de sa langue. D’où la règle d’une langue par page, sans traduction côte à côte.

Peut-on traduire seulement les menus et les boutons ?

Google prévient, dans ses consignes pour les sites multilingues, que traduire seulement le texte réutilisable et laisser l’essentiel du contenu dans une seule langue peut donner une expérience de mauvaise qualité. Un menu en allemand au-dessus d’un texte en français n’ouvre pas le marché allemand. Traduisez moins de pages, mais traduisez-les en entier.

Traduction automatique ou traducteur : que choisir ?

Les deux, selon la page. La traduction automatique relue tient sur un catalogue, avec un gabarit relu en entier et un échantillon par langue. Les pages qui engagent l’entreprise (offres, conditions, pages qui vendent) se relisent en entier par une personne qui lit la langue. Une traduction automatique non relue ne se publie pas sur une page qui vend.

Sources

  1. Le W3C le demande sans détour (nouvel onglet)w3.org
  2. Selon le W3C (nouvel onglet)w3.org
  3. Chaque version linguistique se référence elle-même et indique toutes les autres (nouvel onglet)developers.google.com
  4. Google juge essentiel (nouvel onglet)developers.google.com
Source 1

Le W3C le demande sans détour

Lire sur w3.org(nouvel onglet)
Source 2

Selon le W3C

Lire sur w3.org(nouvel onglet)
Source 3

Chaque version linguistique se référence elle-même et indique toutes les autres

Lire sur developers.google.com(nouvel onglet)

Jim · fondateur de Brain Plus AI

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